Voici ci-dessous le récit d'un de nos élèves (merci à lui), qui, sous son apparente banalité, à le mérite de poser une question
philosophique sur laquelle il est bon de s'arrêter. Car oui, on peut être fort en muscle et s'entraîner à la baston ET avoir un cerveau :-)
Mais place à l'anecdote :
"Je suis à pied, et je traverse au feu rouge : aucune voiture n'arrivait, sauf une grosse Audi qui n'a pas ralenti et m'a obligé
à terminer en trottinant. (Je suis en tort, je le concède.)
Arrivé de l'autre côté, je commence à marcher, et voilà que la grosse Audi s'arrête à ma hauteur. Le conducteur met brutalement
le frein à main et sort en commençant à parler fort.
J'avais mes écouteurs, je n'ai pas entendu ce qu'il disait, mais j'ai senti que le ton était agressif. Croyant être visé, je me
retourne. En fait, il s'agissait d'un autre piéton.
Les deux hommes se foncent dessus et se poussent violemment, bousculant même sur leur passage des gens attablés à une terrasse.
Ne me sentant pas visé, et en forme, je me dirige vers eux, en même temps que le serveur du café. J'ai 20 mètres pour faire l'analyse de la situation : le conducteur a un physique de rugbyman,
c'est à dire très grand et très large. L'autre est de taille et de corpulence moyenne (au jeu du pousse-pousse, il est d'ailleurs largement perdant face à l'autre). J'active le filtre
anti-insultes : si on enlève les "enculés" et les "fils de pute", que reste-t-il ?
Visiblement, le deuxième a comme moi traversé au rouge, et tous les deux s'accusent d'avoir insulté l'autre au moment où ils se
sont gênés mutuellement pour passer. Le grand est visiblement très motivé pour engager un combat, sentant son avantage physique, mais semble tenir à ce que l'autre "soit d'accord" (i.e. "mais
vient ! vient !", sans pour autant donner le premier coup).
Leur bousculade les a menés au milieu de la rue. Le serveur se concentre sur le grand en le retenant légèrement par le bras, au
corps à corps.
Je me place à égale distance des deux, mais pas entre eux. J'ai les mains écartées, en contrôle sur leur bras : le bout de mes
doigts effleure à peine leur vêtement, et mes pouces sont rentrés. J'essaie de parler aux deux en même temps (ce qui me permet aussi de surveiller leurs mouvements), à coup de "on ne va pas en
venir aux mains quand même, il n'y a pas eu d'accident".
J'ai l'impression de parler dans le vide. Les deux continuent à s'invectiver, quoique le plus petit semble faiblir.
A un moment, petit blanc, et le grand me jette un regard qui voulait dire soit "je m'apaise, tu as raison" (je n'y crois pas),
soit "de quoi tu te mêles" (ça j'y crois beaucoup plus).
D'un coup, les deux commencent à se séparer, toujours en s'insultant. Ca finit bien. Je m'éloigne. Le plus petit lance un
dernier mot, et voilà que le grand revient à la charge en hurlant "mais vient ! vient j'te défonce !". L'autre s'est déjà éloigné. Le grand rejoint sa voiture.
La question que je me pose est : "Fallait-il intervenir, et si oui comment ?". Je pressens la réponse "On ne t'attaque pas toi,
ni un de tes proches, et ce sont deux hommes forts qui se cherchent mutuellement, tu n'as donc pas à t'en occuper, juste à appeler les flics si vraiment ça tourne mal"."
Derrière cette anecdote banale se profile en effet une question "philosophique" finalement difficile : on ne m'agresse pas moi
directement, pourquoi irais-je m'en mêler ?
Si on pousse le curseur "prudence" à fond, dès lors que l'on n'est pas directement menacé, il ne faut rien faire, afin de rester
en dehors des ennuis potentiels (on ne sait jamais comment cela va tourner).
Donc en gros, toujours avec cette vision prudente exacerbée, si l'agressé se fait exploser par le conducteur, il convient de
passer tranquillement à côté sans rien dire.
Ce sont des cas qui se sont d'ailleurs déjà vu, notamment dans les transports en commun : des dizaines de personnes
n'interviennent pas alors qu'une personne est agressée physiquement. Et si l'on accepte de prendre le point de vue stricte de la sécurité personnelle, cela est justifié. Mais en réalité, à ce
petit jeu, la société ne fera que devenir de plus en plus violente, les "bad guys" développant un fort sentiment d'impunité.
En inversant le curseur en mode interventionniste, dès que quelque chose se passe il faut intervenir, au nom de la sacro-sainte
"non assistance à personne en danger". Donc, curseur "intervention" à fond, si un couple parle un peu fort au restaurant et que la fille se met à verser une larme, il faut aller voir ce qui se
passe. Dans cette vision, on tombe vite dans un monde à la "Big Brother", dans lequel tout le monde s'occupe de tout le monde...
Là encore, cela existe; des quartiers VIP protégés de certaines villes aux comités de vigilances de voisins, circonstanciels ou
permanant.
On comprend donc facilement qu'il convient de trouver un équilibre. Chaque courant politique propose sa propre vision du dit
équilibre pour proposer son propre contrat social sur la question de la Sécurité.
Mais au niveau du citoyen, au-delà du vote, l'équilibre à trouver est forcément un choix personnel : c'est avant tout
l'éducation et la conscience de chacun qui va dicter la décision d'intervenir ou pas.
Une fois cette inclinaison à intervenir subjectivement déterminée, chacun pourra faire ses choix en fonction des situations
rencontrées.
Mais pour se faire, il reste l'étape de la mesure du risque et les questions suivantes :
- De manière général, suis-je capable, moralement et physiquement, d'assumer ma décision d'intervenir ?
- Est-ce qu'un événement particulier m'empêche d'intervenir cette fois ci ? (bras dans le plâtre, malade, envie de pisser, en
compagnie d'un membre de la famille, …)
- Est-ce que ce que je vois de la situation est suffisamment clair pour que je la comprenne et mesure le risque ?
- Est-ce que mon intervention va améliorer ou dégrader la situation ?
et enfin,
- Quels sont les risques ?
Dans notre histoire, nous avons déjà des réponses aux premières questions :
- Un élève avec un certain bagage martial, physique comme mental,
- Une journée où l'élève se sent en forme, et n'as pas de problème particulier,
- Une situation que l'on a vu se développer dès l'origine, qui est donc claire,
- Un nombre de protagonistes déterminé et sans surprise,
- Une intervention qui a de bonnes chances d'améliorer la situation.
.
Quels sont les risques de la situation ?
- il y a 2 personnes "seulement"
- qui ne sont visiblement pas des professionnels de la bagarre, juste des citoyens ordinaires,
- elles sont très énervées, et une grande partie de cet énervement peut être mis sur le compte de facteurs sociaux exogènes : la
peur d'avoir écrasé quelqu'un/ d'être écrasé, la mauvaise journée de l'un et de l'autre, la haine du riche ("connard avec une grosse Audi qui ne fait attention à rien"), etc... C'est bien
différent que deux mecs qui se connaissent et règlent un contentieux plus ancien ("je t'ai retrouvé, on va régler nos comptes, tu m'as fait si et ça...")
- Les deux personnes ne semblent pas armées,
- elles en restent à un niveau d'engagement de "roquet" avec du défi "animal" basique : "va y, vient, vient", et autres
encouragements qu'on espère que l'autre ne suivra pas... On est donc clairement dans l'affrontement rituel.
- l'environnement est relativement sûr : rue passante, en journée, bar à proximité, etc...
- il y a un autre intervenant, le barman
- il y a des armes improvisées potentielles au cas où ça tourne mal : tables, chaises, vaisselles, ...
Les probabilités sont donc plutôt bonnes de réussir à calmer par la parole des gens qui sont adultes et juste énervées, avec le
soutien d'une tierce personne, en présence de témoins et en ayant au pire toujours la capacité de se désengager (fuir).
Dans un tel cas, si votre conscience personnelle vous dit d'intervenir, il est donc possible d'y aller.
Est-ce que pour autant les chances de réussite sont de 100% ? Non.
Est-ce que c'est sûr que le mec de l'Audi n'est pas un gros malfrat qui va sortir un .45 pour se mettre à canarder ?
Non.
Mais le risque est quand même très réduit.
Mais comment intervenir ?
Clairement, il ne se passe rien de physique, et il n'y a personne à "défendre", il ne s'agit donc évidemment pas de frapper
quelqu'un, au risque de devenir soi-même agresseur.
Essayer de retenir physiquement une des deux personnes est risqué aussi, car cela peut l'amener à nous attaquer (il faut éviter
de toucher des gens énervés, donc encore moins les retenir).
L'option choisit semble bonne : se placer un peu entre eux mais pas trop, en garde passive et en essayant de trouver les
arguments verbaux qui vont amener les protagonistes sur le terrain de la pensée. Réactiver le "cerveau supérieur qui raisonne" et non ajouter de l'huile sur le feu du "cerveau animal et
primaire qui réagit".
D'où des arguments du type : "c'est trop bête d'en venir au main", "il n'y a pas eu d'accidents", "a quoi bon, personne n'est
blessé", etc... qui permettent de montrer le ridicule de la situation. Ce qui est beaucoup mieux que des "Calmez-vous !" ou "Arrêtez !" qui risquent d'amener des réponses énervées du type "Je me
calme si je veux !" et "Qui tu es pour me donner des ordres ?".
Enfin, il est toujours possible d'appeler la police si on ne se sent pas d'intervenir directement, mais en l'absence
d'altercation avérée, il sera sans doute difficile de les faire intervenir (d'ailleurs si des membres des forces de l'ordre nous lisent, il serait intéressant d'avoir leur avis sur ce sujet : ce
type d'appel a-t-il un intérêt ? Fera-t-il se déplacer une patrouille ? Quel comportement citoyen adopter ?)
Cependant, avec l'intervention du barman, et à proximité de la terrasse d'un bar, l'option police sera de toute façon déclenchée
par d'autres si jamais l'altercation devient physique. Autrement dit, il aurait été tout aussi légitime de passer sa route sans rien faire du tout, et avec la conscience parfaitement tranquille
!!
Voilà pour une petite analyse à chaud, forcément subjective, de ce récit. A vous de ruminer et de vous faire votre propre
opinion.

Mais comme Jason Bourne, le héros du roman de Robert Ludlum "La mémoire dans la peau" (qui a inspiré la trilogie de films "Jason Bourne" avec Matt Damon et d'autres fictions comme la
BD "XIII" par exemple), d'amnésique on redevient d'un coup pensant, actif, capable dès que le cours commence. Un véritable miracle !!?
Idée étonnante que celle de mêler Judo et théâtre pour déployer sur 2 heures de temps et sur scène une grande histoire du Judo en
France, de 1905 à nos jours.
A
O
A partir
de cette boxe, et une fois de retour en mars 1910 à Okinawa, Kanbun Uechi créa son style de karaté, qui fut développé par son fils, Kanei Uechi (1911-1991). En hommage à son père, Kanei nomma ce
style Uechi-Ryu (Uechi = nom du fondateur du style, Ryu = école).
Le
style associe l'attaque et la défense dans un même mouvement, et la souplesse et la dureté dans les mêmes techniques : l’esprit, la technique et le corps doivent être en harmonie avec la dureté
et la souplesse. Ces particularités s’appellent Konan-jizaï en japonais.