Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 17:38

Voici ci-dessous le récit d'un de nos élèves (merci à lui), qui, sous son apparente banalité, à le mérite de poser une question philosophique sur laquelle il est bon de s'arrêter. Car oui, on peut être fort en muscle et s'entraîner à la baston ET avoir un cerveau :-)

Mais place à l'anecdote :

"Je suis à pied, et je traverse au feu rouge : aucune voiture n'arrivait, sauf une grosse Audi qui n'a pas ralenti et m'a obligé à terminer en trottinant. (Je suis en tort, je le concède.)
Arrivé de l'autre côté, je commence à marcher, et voilà que la grosse Audi s'arrête à ma hauteur. Le conducteur met brutalement le frein à main et sort en commençant à parler fort.
J'avais mes écouteurs, je n'ai pas entendu ce qu'il disait, mais j'ai senti que le ton était agressif. Croyant être visé, je me retourne. En fait, il s'agissait d'un autre piéton.
Les deux hommes se foncent dessus et se poussent violemment, bousculant même sur leur passage des gens attablés à une terrasse. Ne me sentant pas visé, et en forme, je me dirige vers eux, en même temps que le serveur du café. J'ai 20 mètres pour faire l'analyse de la situation : le conducteur a un physique de rugbyman, c'est à dire très grand et très large. L'autre est de taille et de corpulence moyenne (au jeu du pousse-pousse, il est d'ailleurs largement perdant face à l'autre). J'active le filtre anti-insultes : si on enlève les "enculés" et les "fils de pute", que reste-t-il ?
Visiblement, le deuxième a comme moi traversé au rouge, et tous les deux s'accusent d'avoir insulté l'autre au moment où ils se sont gênés mutuellement pour passer. Le grand est visiblement très motivé pour engager un combat, sentant son avantage physique, mais semble tenir à ce que l'autre "soit d'accord" (i.e. "mais vient ! vient !", sans pour autant donner le premier coup).
Leur bousculade les a menés au milieu de la rue. Le serveur se concentre sur le grand en le retenant légèrement par le bras, au corps à corps.
Je me place à égale distance des deux, mais pas entre eux. J'ai les mains écartées, en contrôle sur leur bras : le bout de mes doigts effleure à peine leur vêtement, et mes pouces sont rentrés. J'essaie de parler aux deux en même temps (ce qui me permet aussi de surveiller leurs mouvements), à coup de "on ne va pas en venir aux mains quand même, il n'y a pas eu d'accident".
J'ai l'impression de parler dans le vide. Les deux continuent à s'invectiver, quoique le plus petit semble faiblir.
A un moment, petit blanc, et le grand me jette un regard qui voulait dire soit "je m'apaise, tu as raison" (je n'y crois pas), soit "de quoi tu te mêles" (ça j'y crois beaucoup plus).
D'un coup, les deux commencent à se séparer, toujours en s'insultant. Ca finit bien. Je m'éloigne. Le plus petit lance un dernier mot, et voilà que le grand revient à la charge en hurlant "mais vient ! vient j'te défonce !". L'autre s'est déjà éloigné. Le grand rejoint sa voiture.

La question que je me pose est : "Fallait-il intervenir, et si oui comment ?". Je pressens la réponse "On ne t'attaque pas toi, ni un de tes proches, et ce sont deux hommes forts qui se cherchent mutuellement, tu n'as donc pas à t'en occuper, juste à appeler les flics si vraiment ça tourne mal"."

Derrière cette anecdote banale se profile en effet une question "philosophique" finalement difficile : on ne m'agresse pas moi directement, pourquoi irais-je m'en mêler ?

Si on pousse le curseur "prudence" à fond, dès lors que l'on n'est pas directement menacé, il ne faut rien faire, afin de rester en dehors des ennuis potentiels (on ne sait jamais comment cela va tourner).
Donc en gros, toujours avec cette vision prudente exacerbée, si l'agressé se fait exploser par le conducteur, il convient de passer tranquillement à côté sans rien dire.
Ce sont des cas qui se sont d'ailleurs déjà vu, notamment dans les transports en commun : des dizaines de personnes n'interviennent pas alors qu'une personne est agressée physiquement. Et si l'on accepte de prendre le point de vue stricte de la sécurité personnelle, cela est justifié. Mais en réalité, à ce petit jeu, la société ne fera que devenir de plus en plus violente, les "bad guys" développant un fort sentiment d'impunité.

En inversant le curseur en mode interventionniste, dès que quelque chose se passe il faut intervenir, au nom de la sacro-sainte "non assistance à personne en danger". Donc, curseur "intervention" à fond, si un couple parle un peu fort au restaurant et que la fille se met à verser une larme, il faut aller voir ce qui se passe. Dans cette vision, on tombe vite dans un monde à la "Big Brother", dans lequel tout le monde s'occupe de tout le monde...
Là encore, cela existe; des quartiers VIP protégés de certaines villes aux comités de vigilances de voisins, circonstanciels ou permanant.
 
On comprend donc facilement qu'il convient de trouver un équilibre. Chaque courant politique propose sa propre vision du dit équilibre pour proposer son propre contrat social sur la question de la Sécurité.
Mais au niveau du citoyen, au-delà du vote, l'équilibre à trouver est forcément un choix personnel : c'est avant tout l'éducation et la conscience de chacun qui va dicter la décision d'intervenir ou pas.
 
Une fois cette inclinaison à intervenir subjectivement déterminée, chacun pourra faire ses choix en fonction des situations rencontrées.

Mais pour se faire, il reste l'étape de la mesure du risque et les questions suivantes :
- De manière général, suis-je capable, moralement et physiquement, d'assumer ma décision d'intervenir ?
- Est-ce qu'un événement particulier m'empêche d'intervenir cette fois ci ? (bras dans le plâtre, malade, envie de pisser, en compagnie d'un membre de la famille, …)
- Est-ce que ce que je vois de la situation est suffisamment clair pour que je la comprenne et mesure le risque ?
- Est-ce que mon intervention va améliorer ou dégrader la situation ?
et enfin,
- Quels sont les risques ?
 
Dans notre histoire, nous avons déjà des réponses aux premières questions :
-    Un élève avec un certain bagage martial, physique comme mental,
-    Une journée où l'élève se sent en forme, et n'as pas de problème particulier,
-    Une situation que l'on a vu se développer dès l'origine, qui est donc claire,
-    Un nombre de protagonistes déterminé et sans surprise,
-    Une intervention qui a de bonnes chances d'améliorer la situation.
.
Quels sont les risques de la situation ?
- il y a 2 personnes "seulement"
- qui ne sont visiblement pas des professionnels de la bagarre, juste des citoyens ordinaires,
- elles sont très énervées, et une grande partie de cet énervement peut être mis sur le compte de facteurs sociaux exogènes : la peur d'avoir écrasé quelqu'un/ d'être écrasé, la mauvaise journée de l'un et de l'autre, la haine du riche ("connard avec une grosse Audi qui ne fait attention à rien"), etc... C'est bien différent que deux mecs qui se connaissent et règlent un contentieux plus ancien ("je t'ai retrouvé, on va régler nos comptes, tu m'as fait si et ça...")
- Les deux personnes ne semblent pas armées,
- elles en restent à un niveau d'engagement de "roquet" avec du défi "animal" basique : "va y, vient, vient", et autres encouragements qu'on espère que l'autre ne suivra pas... On est donc clairement dans l'affrontement rituel.
- l'environnement est relativement sûr : rue passante, en journée, bar à proximité, etc...
- il y a un autre intervenant, le barman
- il y a des armes improvisées potentielles au cas où ça tourne mal : tables, chaises, vaisselles, ...
 
Les probabilités sont donc plutôt bonnes de réussir à calmer par la parole des gens qui sont adultes et juste énervées, avec le soutien d'une tierce personne, en présence de témoins et en ayant au pire toujours la capacité de se désengager (fuir).

Dans un tel cas, si votre conscience personnelle vous dit d'intervenir, il est donc possible d'y aller.

Est-ce que pour autant les chances de réussite sont de 100% ? Non.
Est-ce que c'est sûr que le mec de l'Audi n'est pas un gros malfrat qui va sortir un .45 pour se mettre à canarder ? Non.
Mais le risque est quand même très réduit.
 
Mais comment intervenir ?
Clairement, il ne se passe rien de physique, et il n'y a personne à "défendre", il ne s'agit donc évidemment pas de frapper quelqu'un, au risque de devenir soi-même agresseur.
Essayer de retenir physiquement une des deux personnes est risqué aussi, car cela peut l'amener à nous attaquer (il faut éviter de toucher des gens énervés, donc encore moins les retenir).
L'option choisit semble bonne : se placer un peu entre eux mais pas trop, en garde passive et en essayant de trouver les arguments verbaux qui vont amener les protagonistes sur le terrain de la pensée. Réactiver le "cerveau supérieur qui raisonne" et non ajouter de l'huile sur le feu  du "cerveau animal et primaire qui réagit".
D'où des arguments du type : "c'est trop bête d'en venir au main", "il n'y a pas eu d'accidents", "a quoi bon, personne n'est blessé", etc... qui permettent de montrer le ridicule de la situation. Ce qui est beaucoup mieux que des "Calmez-vous !" ou "Arrêtez !" qui risquent d'amener des réponses énervées du type "Je me calme si je veux !" et "Qui tu es pour me donner des ordres ?".
 
Enfin, il est toujours possible d'appeler la police si on ne se sent pas d'intervenir directement, mais en l'absence d'altercation avérée, il sera sans doute difficile de les faire intervenir (d'ailleurs si des membres des forces de l'ordre nous lisent, il serait intéressant d'avoir leur avis sur ce sujet : ce type d'appel a-t-il un intérêt ? Fera-t-il se déplacer une patrouille ? Quel comportement citoyen adopter ?)
Cependant, avec l'intervention du barman, et à proximité de la terrasse d'un bar, l'option police sera de toute façon déclenchée par d'autres si jamais l'altercation devient physique. Autrement dit, il aurait été tout aussi légitime de passer sa route sans rien faire du tout, et avec la conscience parfaitement tranquille !!
 
Voilà pour une petite analyse à chaud, forcément subjective, de ce récit. A vous de ruminer et de vous faire votre propre opinion.

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Concepts
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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 10:54

Les techniques décrites dans cet article le sont à titre d'information seulement. Pratiquez toujours sous la direction d'un professeur diplômé d'Etat. Soyez vigilant, pratiquez doucement et n'augmentez le rythme que quand vous êtes sûrs de maîtriser ce que vous faite. Ce blog, son auteur ou l'association Ju Jitsu Paris 16 ne pourront pas être tenus responsables pour quelques incidents ou accidents qui pourraient survenir lors de l'exécution des techniques décrites dans cet article.


Nous avons déjà eu l'occasion d'exprimer ce que nous pensions du rôle et de l'usage des clés dans une situation de self défense (se reporter à cet article).
Nous rappellerons donc juste ici que :
- Les clés sont une part intéressante d'un arsenal technique de self défense, mais que ce n'est peut être pas le premier qu'il faut développer. Les clés doivent plus se concevoir comme un travail de longue haleine, avec insertion progressive dans sa tool box personnelle.
- Pour un civil, les clés ne doivent pas constituer un objectif de maintien de l'agresseur. D'une part, c'est quasiment impossible à réaliser seul, deuxièmement, la maîtrise d'un individu est plus du ressort des forces de l'ordre que celle du citoyen.
Les clés sont par contre un des outils permettant d'incapaciter un agresseur, temporairement  (douleur) ou plus durablement (luxation, bri d'articulation, …) ou de lui faire perdre l'équilibre (rôle de projection, de mise à terre).


Une des clés que l'on apprend rapidement dans un cursus martial, et qui présente à la fois des possibilités de déséquilibre et de luxation, est Ude Gatame, ou clé de coude par hyper-extension du bras.
Le principe en est assez simple : lorsque le bras adverse est tendu, et la paume de la main placée du même côté que le coude (par rotation du poignet), alors une pression sur le coude crée une forte contrainte  qui oblige l'adversaire à tomber vers le sol s'il ne veut pas subir douleur et dommage sur son articulation.
Ude gatame fonctionne donc sur le principe du bras de levier. Le poignet est un point fixe, la pression exercée sur le coude amenant la réaction adverse ou la rupture de l'articulation.

 

02 ude gatame ok


Les 4 facteurs clés de réussite de cette clé sont :
-    Le bras doit être tendu, en hyper extension,
-    Le poignet doit être tourné, afin que la paume de le main soit "vers le haut" (du même côté que le coude),
-     La pression sur le coude doit être ferme. Il est souvent utile pour améliorer le contrôle de "pincer" le coude entre le pouce et les doigts de la main qui assure la pression, afin d'avoir des sensations plus affinées, et une meilleure prise
-    Enfin, dernier point clé, mais d'importance : l'angle formé entre le bras de l'adversaire et son corps doit être le plus ouvert possible. Vu du dessus, on imagine l'adversaire avec son bras tendu devant lui, et non collé sur ses côtes. On évite ainsi la possibilité pour l'adversaire de s'échapper en roulade avant, tout en ayant une bonne vision de ses faits et gestes (tentative d'accéder à une arme avec la main laissée libre notamment).


Une fois ces principes maitrisés, le pratiquant sera bien vite en confiance. Après quelques coups bien placés pour attendrir le partenaire, Ude gatame bien exécutée l'amènera bien vite à plat ventre, dans une position permettant un contrôle (cas de l'entraînement, où l'on enchaine parfois plusieurs clés), ou le retrait / la fuite (cas de la rue, où il ne fait pas bon traîner trop près de l'agresseur).
Et puis, tôt ou tard, la clé cessera de fonctionner ! Le pratiquant constatera étonné que son partenaire soit ne veux pas tomber, soit tombe mal, sur le côté voir sur le dos, au lieu de venir à plat ventre comme prévu.
Les symptômes de cette malfonction sont généralement les suivant :
- Le partenaire ne ressent pas douleur au niveau du coude,
- Le partenaire n'est pas plié en deux, il peut se redresser,
- Le partenaire peut replier son bras, l'hyperextension est difficile à assurer,
- Le partenaire tombe sur le flanc,
- Le partenaire a le temps de se retourner dans sa chute et tombe sur le dos,
- Le partenaire peut résister à la clé, ou à la chute,


Que se passe-t-il ? Simplement, le partenaire a changé et est moins coopératif :
- Soit qu'il soit plus corpulent, et que le bourrinage approximatif qui fonctionnait jusque là ne suffit plus,
- Soit qu'il soit plus gradé et n'a pas envie de faire de cadeaux s'il sent que la technique n'est pas bien placée,
- Soit au contraire qu'il soit débutant, et que, ayant peur et ne sachant pas tomber, il fera tout son possible pour échapper à la clé et à la chute.


On voit là les limites de la complaisance et d'un travail trop confortable. A force de tomber obligeamment dès qu'on nous effleure le coude, on ne rend pas service au partenaire, qui risque de se retrouver en fâcheuse posture en situation réelle, quand sa technique ne fonctionnera tout simplement pas. Il convient donc de dialoguer avec le partenaire et de le corriger, si l'on sent que sa technique est mal appliquée. Il est toujours plus positif de tout reprendre à 0 après quelques efforts si la clé de marche pas, plutôt que de tomber pour le plaisir, ou de s'acharner à corriger des choses qui finiront en sac de nœuds.
Chaque point du continuum technique doit être bien réalisé pour assurer la réussite totale de la clé, c'est pourquoi recommencer du début est souvent la meilleure solution.

 
Reprenons donc : Partenaire attendri, bras en hyperextension, une main au poignet, l'autre sur le coude, angle bras-corps le plus ouvert possible. Une franche pression doit maintenant faire tomber l'adversaire (pour échapper à la douleur, il va se coucher à plat ventre).
C'est généralement à ce moment là que les choses tournent mal. L'erreur classique est de penser qu'il faille tirer sur le poignet adverse pour l'amener au sol. Or il n'en est rien.

 

01 ude gatame non

 

Nous répétons : une franche pression sur le coude de l'adversaire va lui causer une douleur qui va l'amener à descendre à plat ventre pour ne pas avoir le coude luxé. Ce qui est très différent de : en tirant sur la bras, je vais amener mon adversaire au sol, puis lui appliquer une pression sur le coude qui lui fera mal (!!).


Le 5ème point clé d'Ude Gatame est donc celui-ci : comment assurer la pression la plus forte et la plus immédiate possible ?
En ayant un transfert de poids maximum du corps vers le bras donc sur le coude adverse. Et pour se faire, en ayant le bras qui exerce la pression placé réellement à la verticale au dessus du coude. Et donc en ayant le corps le plus près possible du bras adverse.

 

05 ude gatame ok

 

06 ude gatame ok

 

L'idée fausse selon laquelle il faille tirer sur le bras du partenaire pour le faire tomber amène en effet bien souvent à enfreindre ces principes : arc bouté loin du partenaire, le corps vouté, les fesses en arrière, le défenseur exerce une pression quasi nulle sur le coude, et la clé ne peut pas fonctionner. On entre dans un combat de chiffonnier, où celui qui tire le plus fort fera tomber l'autre. C'est pourquoi un adversaire plus lourd ou débutant ne tombera jamais lorsque la clé est mal exécutée de cette façon.

 

03 ude gatame non

 

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A contraire, il faut que la chaine de transmission de la pression soit la plus efficace possible. Le bras est à la verticale au dessus du coude,  c'est tout le haut du corps qui exerce la pression, et pas seulement le poids du bras. Le bras adverse est plaqué au corps. Le poignet est retenu au niveau de la hanche, le coude adverse est au niveau du nœud de ceinture. La posture du corps est droite, la pression du haut du corps démarre au niveau du ventre.
La posture ressemble à celle que vous prendriez pour vous hisser sur une barrière, ou prendre appui des 2 mains sur une barre en gymnastique. Le corps est "au dessus" de la barre, et non éloigné au risque de retomber au sol.
De cette façon, la pression est très forte et le partenaire ressent véritablement le besoin de se baisser pour échapper à la clé. Pour aider son mouvement et l'amener à plat ventre, on réalisera alors un pas glissé/ chassé. Ce ne sont donc pas les bras qui assurent la translation horizontale, on ne "tire" pas sur le bras adverse ; c'est le corps qui a ce rôle. C'est en se déplaçant que l'on tire l'adversaire à plat ventre, tout en restant soi-même droit et en équilibre sur les 2 jambes.

 

07 ude gatame ok

 

Pour résumer sur Ude Gatame :
- Ouvrir l'angle du bras,
- Mettre le bras en hyper extension, paume vers le haut
- Se placer le plus tôt possible en position dominante : bras adverse collé au corps, coude au niveau du nœud de ceinture, bras bien à la verticale au dessus du coude, tout le poids du corps se transmet au coude,
- Exercer la pression tout en glissant d'un pas dans la direction du bras : l'adversaire doit tomber au sol.
Assurer la position dominante est donc le "secret" de réussite d'Ude Gatame, et de pratiquement toutes les clés.


Cette position dominante est d'abord physique, mais également mentale. Il faut être prêt à faire mal, il faut se sentir capable de luxer l'articulation… sinon, autant ne pas faire de clé du tout !!
Le but est de faire chuter l'adversaire le plus vite et le plus sèchement possible. Lors d'une clé, la douleur doit venir le plus vite et le plus fort possible dès le démarrage de la clé. L'amenée au sol doit elle aussi être brutale et rapide : en un pas, l'adversaire est au sol.
Si dans votre pratique vous devez manipuler votre partenaire de longues secondes, s'il ne tombe qu'après plusieurs pas et tirées difficiles, c'est que vous n'êtes pas au point techniquement... et qu'il est tant de recommencer une nouvelle série de mise en pratique pour parfaire votre art !

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Entraînement et techniques
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Vendredi 23 septembre 2011 5 23 /09 /Sep /2011 17:20

Après quelques semaines d'inactivité estivale, le pratiquant qui revient sur les tatamis se sent comme un amnésique. Se sentant incapable de produire quoi que se soit de correct, d'enchaîner les moindres mouvements, il a l'impression que toutes ses connaissances techniques et ses capacités physiques l'ont quitté.


jason-bourne.jpgMais comme Jason Bourne, le héros du roman de Robert Ludlum "La mémoire dans la peau" (qui a inspiré la trilogie de films "Jason Bourne" avec Matt Damon et d'autres fictions comme la BD "XIII" par exemple), d'amnésique on redevient d'un coup pensant, actif, capable dès que le cours commence. Un véritable miracle !!?

 

Miracle, pas si sûr. Le corps semble bien avoir une mémoire. Dans l'entrée dans la salle, voici que les terminaisons nerveuses semblent se réveiller. Le kimono enfilé, c'est le corps qui semble se mouler dans une nouvelle forme, plus ramassée, plus ronde, prête aux combats qui s'annoncent. En montant sur le tapis, l'esprit enfin s'affine, la concentration atteint son maximum. Et là, miracle (croit-on), les mouvements mainte fois répétés et que l'on pensait avoir oublié durant l'été nous reviennent. Comme Jason découvrant à la première embrouille des capacités enfouies en lui et qu'il ne savait même pas posséder, nous voici nous défaisant des adversaires les uns après les autres.


Comme on n'oublie pas la pratique de la natation ou du vélo, les techniques mille fois répétées se sont comme imprégnées en nous et rejaillissent au moment où on en besoin. C'est au moment d'ailleurs où le pratiquant a l'impression qu'il n'a plus besoin de réfléchir, de conscientiser ses mouvements, que véritablement le corps prend le relais et semble travailler tout seul.
Ce processus de régurgitation des techniques comme malgré nous n'est que le résultat du rituel de rentrée, le sas de mise en condition que constitue l'arrivée dans le club, les odeurs, les sons familiers, les vestiaires, la lumière, etc… Tous ces éléments placent le pratiquant dans un état de préparation, comme une transe.
C'est ce qui explique les "petits rituels" des sportifs et compétiteurs, mais aussi des acteurs, qui ont besoin de retrouver des repères, d'accomplir des rituels pour se sentir prêts. C'est d'ailleurs ce qui avait inspiré en 2000 la publicité Volvic avec Zidane.

 


Petit hic cependant : ce qui est vrai lorsque l'on revient au club, le sera-t-il aussi en cas d'agression urbaine subite ?? Car s'il est certain que le rituel, le warm-up d'avant séance est important dans la réappropriation par le pratiquant de ses techniques, c'est justement ce que l'on n'a pas lors d'une confrontation réelle : difficile de demander à son agresseur un peu de temps pour passer un kimono, se mettre de la crème chauffante ou boire un peu d'eau !!


Une piste serait donc de remplacer le (long) rituel sportif par un autre rituel, plus adapté à la réalité de la rue. Et ceci afin de se placer dans des conditions physiques et psychologiques nous rendant plus directement aptes à répliquer en cas d'attaque.
Quelques pistes pour ce faire :
-> La forme de corps propice au combat, induite par le port de la tenue (kimono) doit se retrouver dans la posture de garde passive. Nous avons déjà longuement parlé de ses avantages dans nos colonnes. Mais au delà de l'aspect tactique, la garde passive et la posture de corps qu'elle donne doivent aussi placer le pratiquant en état d'alerte maximale. Physiquement, la posture de garde passive doit être le signal mental qui allume tous les warning, et prépare le corps et l'esprit à la riposte. Quand les circonstances exigent de se mettre en garde passive, alors nos connections internes doivent nous relier le plus vite possible à notre arsenal de défense oral (la désescalade verbale) et physique (les techniques).
C'est donc un rituel à la fois utile (il nous protège) et à la fois très rapide à mettre en place. A l'entrainement, on peut donc distinguer les phases d'écoute du professeur, ou l'on est relaxé (on simule alors un environnement sécurisé) des temps de travail avec partenaire, où la posture de garde passive doit toujours être adoptée (on simule alors un environnement dangereux).
-> Les enchainements techniques peuvent être avec profit liés à des signaux ritualisés. Il s'agit de relier les frappes, les clés ou les projections à des gestes ou paroles servant là encore de détonateur. Ainsi, telle technique sera liée à un geste (haussement d'épaule, grattement de nez, frotter ses mains, …), tandis ce qu'une autre sera liée à une injonction (stop ! arrêtez ! attention !...) ou bout de phrase (je ne veux pas d'ennui ! j'ai une idée ! je n'ai rien fait ! …). Ainsi, en situation réelle, l'usage de ces gestes ou paroles nous permettra d'activer nos actions physiques avec plus de confiance, de force et de réussite (surtout si on a pris soit de travailler aussi sur la tromperie pour masquer ses intentions réelles, mais c'est encore un autre sujet).


En résumé, il est normal d'avoir l'impression de ne "rien savoir faire" après une période d'inactivité, mais le corps, lui, se souvient. Ce souvenir est constitué des couches successives ajoutées par les répétitions fréquentes des techniques. Cependant, cette mémoire physique peut être renforcée, aidée par l'adjonction d'autres signaux, notamment posturaux ou oraux. Au lieu de ne travailler qu'un seul sens (le toucher du corps), on en travaille 2 ou plus (corps + posture + ouïe par exemple), ce qui augmente à la fois l'ancrage des techniques mais aussi les chances de bonne restitution sous stress, quand le temps de préparation est court.

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Concepts
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Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 16:15

Avec la rentrée, voici le moment de choisir votre art martial/ sport de combat/ pratique de self-défense et le club et l'enseignant auprès desquels vous allez vous former.

Internet regorge de conseils sur le choix de la "bonne" discipline, et nous vous encourageons à la lire (par exemple sur notre blog ici et ici, ou sur le blog de Fred Bouammache par exemple, ici)(Salut Fredo !!)

Mais n'oubliez pas qu'il en va des arts martiaux et de la self-défense comme du désherbant, du dentifrice ou des produits ménagers : même en payant très cher, il est impossible de devenir l'équivalent d'un commando-de-la-mort-qui-tue rapidement et sans efforts !!

Prétendre enseigner ou apprendre des techniques qui requièrent la confrontation physique entre 2 ou plusieurs individus sans transpirer et sans s'investir un minimum est un leurre. Comme si devenir jouer de rugby ou même de ping-pong pouvait se faire en regardant des vidéos chez soi dans son salon.

Quand à la rapidité de l'apprentissage, s'il reste possible, il requiert un investissement physique mais surtout mental que peu de débutants lambda sont prêts à consentir (notamment faute de connaissances sur les mécanismes psychologiques de l'agression et de la défense personnelle, ce qui est normal).

Méfiez-vous donc des effets d'annonce, des sirènes du marketing et des fausses allégations, mais méfiez-vous également de vous même : faite le point sur vos motivations réelles, ainsi que sur les moyens que vous êtes prêt à consacrer pour les atteindre. Cela vous évitera bien des déconvenues.

 

Et dans la série "sourire", voici une petite publicité des années 70 pour illustrer le propos :

 

Vaincre-facilement-pour-blog.jpg

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Concepts
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Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 15:53

"Mon Dieu, mais qu'est ce que je fais là ?" soupirais-je intérieurement. Dans le grand escalier qui monte vers le club de sport, voilà que l'angoisse m'étreint. "Mais pourquoi donc ai-je accepté de suivre Julien ?". Devant moi, mon ami, pratiquant d'arts martiaux de longue date, monte les marches gaiement. Coup d'œil de sa part vers ma silhouette hésitante… Je rêve, où se sont des étincelles d'humour que je lis dans ses yeux inquisiteurs ?? Et ce sourire moqueur … il se fout de moi le bougre !!


Bon, surtout ne pas lui montrer ma frousse, d'autant que ça fait plusieurs fois que je fanfaronne en clamant à qui veut m'entendre que "ça y est, c'est sûr, à la rentrée je m'y mets !" Bien sûr, dans mes rêves les plus fous, ce cours d'essai n'est qu'une formalité. Après tout, si le faible peut battre le fort, je ne risque rien, moi qui incarne plutôt le mollasson sur son canapé que l'athlète du quotidien.


Je poursuis mon ascension pour me retrouver finalement dans la salle, face aux tapis. Une grande aire de couleur vive semble attendre, telle une mer tranquille que la tempête agitera bientôt, que les plus téméraires osent pénétrer ses limites. Air de jeu, air de bataille homérique, je ne sais encore, mais j'ai l'impression que je le découvrirais bien assez tôt.


Julien salue des connaissances. Poignées de mains, claque dans le dos, remarques fusantes telles un avant-goût des coups échangés bientôt, pas de doute, l'ambiance est conviviale et détendue. On s'interpelle, on se chambre, on prend des nouvelles après la coupure de l'été. Telle une ombre, je me glisse dans ses pas, serre à mon tour quelques mains, donne mon prénom d'une voix que je n'espère pas trop balbutiante. Foutue crampes d'estomac ! Ca m'apprendra à faire le bravache ! De mains en mains me voici face au professeur. Il me salue aimablement, m'invitant à aller me changer pour rejoindre le cours qui va bientôt commencer. Je me sens jaugé d'un regard : serait-il possible qu'il sache déjà que je vais finir en un petit tas sanguinolent dans quelques minutes ?


Je me calme en me remémorant les mots rassurant de Julien : "tous les gradés ont commencé débutants un jour", "le but d'un club c'est d'accompagner les élèves au mieux de leurs possibilités et de les amener à réaliser leur potentiel"... Pas question donc de se transformer en guerrier dès la première séance, ni de couper l'élan d'un nouvel élève plein d'entrain en lui faisant goûter une marmelade de pêches, marrons et autres gnons dès la première séance. N'empêche, je demande à voir !


Me voici dans le vestiaire. D'autres saluts, d'autres rires, en cette rentrée les anciens ont plaisir à se retrouver. Visiblement c'est aussi ça l'esprit club, et le plaisir du sport. J'aurai juste pu choisir ping-pong au lieu d'arts martiaux, ça aurait été moins dangereux pour moi !


Julien me tend un de ses kimono pour le cours d'essai. Moment de solitude, "Lost in Translation" face à ces 2 bouts de tissus sans queue ni tête. Un pantalon sans arrière ni avant discernables au premier coup d'œil, et une veste épaisse sans boutons ou système de fermeture. Ah si, voici une ceinture ! Perplexe, j'essaie de regarder autour de moi pour trouver un sens à ce costume d'un autre âge et d'une autre culture. Intéressante confrontation à l'Asie, mais je ne pensais pas me retrouver en difficulté avant même le premier pas sur le tapis ! Bon, l'étiquette extérieure du pantalon semble être devant, je copie mon voisin et m'empresse d'enfiler le bas, le vestiaire se vidant de plus en plus. C'est que l'heure approche. J'enfile la veste et empoigne la ceinture. Devant mes essais infructueux, Julien me la noue, non sans avoir placé les revers de la veste dans le bon sens, pan gauche sur le pan droit. Je renonce à essayer de comprendre la mécanique complexe du nœud qui doit assurer la solidité de l'ensemble ; il sera toujours temps d'apprendre !


Ultimes secondes avant le début du cours, les élèves sont au bord du tapis, comme des surfeurs regardant les déferlantes avant de se jeter à l'eau. Espérons qu'il n'y aura pas de requin !


Ca y est, le professeur foule la grande surface colorée jusqu'ici tranquille. Comme un seul homme, tous les élèves montent sur le tapis. Les gags se sont tus, les visages se sont fait sérieux. Quel contraste avec les minutes précédentes, on sent déjà la concentration qui les habite. D'un geste, Julien me fait signe de m'installer à l'autre bout de la ligne formée par les élèves. Heu… mais c'est que je ne veux pas quitter mon potentiel sauveur, moi ! Il me glisse que les débutants se placent toujours à gauche du tatami. Ceinture marron, il est pour sa part du côté droit. De plus en plus perdu, mais de surcroit esseulé, je slalome entre les élèves pour me placer tout à gauche, bon dernier. Ou premier, au choix !


Ah, voici le salut. Julien m'en a expliqué les grandes lignes, et je souris en repensant à tous ces films qui ont nourrit mon imaginaire. Me voici à mon tour dans la grande famille des arts martiaux, plein d'humilité face aux anciens et à ceux qui vont me montrer la voie. Je m'incline plein de déférence, pour me rendre compte que, le nez dans le tapis, je ne vois plus rien ! Panique ! Que faut-il faire maintenant ? Coup d'œil rapide à droite. Aïe, je suis en retard d'un temps, j'aurai déjà du me redresser. Hop, nous voici debout. Le cours commence !


Je sue comme un bœuf et tente de suivre le rythme : c'est sûr que le guerrier qui sommeille en moi est encore loin de se réveiller ! Ca m'apprendra à prendre un tiramisu après la pizza du midi !
Il me semble que l'échauffement ne cessera jamais. Autour de moi, comme à la parade, les anciens suivent le rythme sans faiblir et se permettent quelques gags ou remarques de temps en temps, alors même que j'essaye d'aspirer quelques précieux atomes d'oxygène. "Tu verras ça remue au début" m'avait promis Julien. Il n'a pas menti. Au milieu des classiques sautillements, pompes et abdos se glissent de plus ésotériques mouvements : rampés, marche en canard, touches vives sur le partenaire,… tout mon corps est sollicité.
Après une éternité, le professeur annonce que le cours peut commencer. Les bras m'en tombent presque, moi qui espérais que cela soit déjà fini ! S'en suivra un tourbillon de techniques, de chutes, de coups, de conseils… Mon cerveau essaie d'imprimer un minimum, mais j'ai déjà du mal à distinguer ma droite de ma gauche. C'est fou ce que la nécessité d'être ambidextre et de gérer son corps et celui d'un partenaire peut rendre tout mouvement extrêmement complexe. Tel un danseur sous Lexomil je participe de mon mieux à la chorégraphie ambiante. Tandis que je réalise enfin un exercice avec Julien, j'ai la douloureuse impression qu'il appuie un peu plus ses techniques que les autres gradés avec lesquels je me suis exercé. Et moi qui pensais avoir un ami !! Il n'a pas du tout l'intention de me préserver !


 Les exercices s'enchainent encore. Après le corps, voici que le cerveau lâche. Impression étrange d'être en transe, incapable de me concentrer plus encore. C'est sûr, je vais devoir m'arrêter.
Comme si le professeur m'avait entendu, il signale le dernier exercice avant la fin du cours. Enfin ! J'ai l'impression d'avoir trouvé une bouée au milieu d'une mer déchaînée. Naufragé solitaire, je m'accroche encore quelques minutes tandis ce qu'autour de moi le rythme s'est fait encore plus intense. Certains semblent vouloir profiter à fond des ultimes minutes. Mais comment font-ils ?


Enfin, la tempête s'arrête. Alors que nous retournons au bord du tatami pour réaliser le salut de fin de cours, je regarde la mer de couleur qui a repris son calme et les marins alignés, débraillés, suants, le kimono trempé, mais tous droits et calmes. Fiers d'avoir encore une fois traversé les eaux exigeantes de cet art qui coule autour et en eux pour certains depuis des décennies.


A cet instant, je ne sais pas encore que j'aurais du mal à marcher demain matin et souffrirais de crampes musculaires pendant 3 jours, mais je sais déjà que j'accosterais bientôt de nouveau aux bords de ce tapis pour en parcourir l'étendue et découvrir ses secrets.


Happé par l'art martial, je m'abandonne à la certitude de partir vers une quête sans fin, dont le but final sera de me découvrir moi à travers l'autre.  Rincé, mais heureux.

 

PS : remplacez arts martiaux par sport de combat, kimono par gants de boxe et vous aurez toujours un réçit cohérent proche de la réalité de la première expérience d'un débutant.
PPS : et vous, quels souvenirs gardez-vous de vos débuts ? N'hésitez pas à nous les raconter ! Et si, en tant que débutants, vous avez des questions, posez-les nous aussi, nous y répondrons dans un prochain article.

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Vie de l'association
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Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 16:58

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Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Vie de l'association
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Mercredi 20 juillet 2011 3 20 /07 /Juil /2011 17:23

Dans les petits désagréments de l'été, les pickpockets font partis des risques du touriste en voyage. Toujours embêtant quand ça arrive, surtout que cela nous confronte à nos propres manquements (vigilance, voire comportements un peu à risque, …) et que la "punition" est plus que rude : des heures à refaire ses papiers, sa carte de crédit, etc…

Si certains sont de simples opportunistes, d'autres sont des individus ou des bandes spécialisées et organisées. Opérant en solo ou à plusieurs, on les rencontre finalement peu durant l'année, car en tant qu'habitant d'une ville occupé par le quotidien (transport, travail, courses, …) on est peu présent dans des lieux touristiques ou à forts risques.
Mais dès que l'on quitte ses repères, que l'on se retrouve dans des lieux très fréquentés (sites touristiques, restaurants, bars) et que l'on affiche plus ouvertement sa condition d'étranger, les risques augmentent.

Il est difficile de trouver de la documentation sur ce monde un peu secret, même si la télévision passe parfois des reportages sur les pickpockets et leur méthode. Pour rester sur une note sympathique, nous passerons pour la leçon du jour par le biais des "stages pickpockets", ou "pickpocket de scène". Plus courant dans les pays anglo-saxons qu'en France, il s'agit d'artistes qui ont choisis d'amuser le public en réalisant sur scène des vols sur spectateur. Tels des magiciens, ils volent cravates, portefeuilles, stylos, etc…au nez et à la barbe de leur cobaye.

Vous trouverez ci-dessous 2 vidéos d'un de ces artistes, Bob Arno. Vous en trouverez facilement d'autres en tapant "stage pickpocket" sur You Tube.

Que pouvons-nous en déduire ?
Au-delà d'un doigté et d'une finesse qui composent toute la technique des pickpockets et qui distinguent "l'artiste voleur" de l'opportuniste, le pickpocketing repose finalement majoritairement sur un principe de détournement d'attention. Ce détournement s'intéresse à 2 cibles : le cerveau et le corps et repose sur au moins 3 fondamentaux.

Détourner l'attention : engagement du cerveau sur une discussion ou une tâche demandant de la réflexion, et sans rapport avec l'objet du vol. Comme dans les tentatives d'embrouille qui démarrent par un interview, le pickpocket engage la conversation ou créer une situation qui lui permet d'avoir un prétexte pour s'approcher et nous occuper l'esprit. Demander son chemin, demander à ce qu'on prenne une photo, faire semblant d'avoir trouver quelque chose qui nous appartient, renverser quelque chose, … les excuses de prise de contact sont nombreuses.
Occuper le corps : sur-informer notre corps pour masquer la sensation accompagnant le vol de l'objet. On le voit très bien dans les vidéos : Bob Arno passe son temps à toucher les gens, à les bouger, etc… Il bouge lui-même beaucoup, change d'angle, revient en arrière, tourbillonne, …Une fois qu'ils comprennent que chaque touche peut amener à un vol et qu'ils sont méfiants, on voit le pickpocket passer à un 2ème stade : il oriente le cerveau et le corps sur un objet "êtes-vous sûr que vous avez toujours votre portefeuille ?" et en profite pour voler un autre objet !
Masquer le vol : les mains sont souvent masquées. Veste sur le bras, pull, carte ou papier à la main, … sont autant de manière de cacher l'objet volé.

En mixant ces 3 fondamentaux, le pickpocket multiplie ses chances de réussite. A contrario, le pickpocket opportuniste qui essaye juste de voler un objet dépassant d'un sac sera souvent démasqué.
C'est cette difficulté de l'art qui explique que certains travaillent à plusieurs et/ou en force (vol à l'arraché, vol avec violence). Car quand on n'a pas la rigueur de suivre une voie exigeante (si l'on considère le vrai pickpocket comme une sorte d'artiste), il est plus simple d'en venir à la violence.

Gardez donc l'œil ouvert et vos affaires rangés aux bons endroits et méfiez-vous sur vos lieux de vacances !

 

 

 

 

 

 

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Concepts
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Samedi 16 juillet 2011 6 16 /07 /Juil /2011 16:18

Lu dans Métro du 4 Juillet 2011

Il semblerait que les cambriolages soient en hausse ces dernières années. On a recensé en 2010 323 000 cambriolages, environ 850 par jour, soit un toutes les 3 minutes. Par rapport à 2009, ils sont en augmentation de 3,2%.


Le gros des cambriolages étant concentré dans les mois d'été (de juin à août), on aura donc intérêt à redoubler de vigilance à l'approche des départs en vacances. Et quand on sait que seuls 13% environ des cambriolages sont élucidés, on comprend qu'il vaut mieux prévenir que guérir.


Les "équipes" spécialisées existent toujours, qui utilisent de plus en plus des faux uniformes officiels (police, poste, EDF) pour s'introduire dans les domiciles et/ou recoupent leurs informations visuelles par de faux coups de téléphone administratifs pour soutirer des renseignements, mais elles se sont fait doubler par des individus simplement opportunistes.


Avec la hausse du cours de l'or et l'accès au site de vente en ligne (ebay et consors), les bijoux et le matériel électronique (MP3, appareils photo, ordinateurs portables, tablettes, …) sont les objets les plus recherchés.
Avec les vacances, soyez donc attentifs et usez de bons sens.


Si vous quittez votre domicile, assurez que tous les accès soient fermés (pas de fenêtre ouverte "pour aérer"), les volets clos, etc… Signalez à vos voisins votre départ, indiquez leur si quelqu'un est sensé passer chez vous ou non. Vous avez aussi la possibilité dans certaines villes de signaler votre départ à la police, qui vous inclura alors dans ses tournées de surveillance d'été.
En fonction de votre localisation, une alarme peut être un plus, si tant est qu'elle soit reliée à une centre de télé-surveillance. Nombreuses sont en effet les alarmes qui sonnent sans attirer personne, surtout si toute votre zone pavillonnaire est partie se dorer au soleil.


Sur votre lieu de vacances, camping, hôtel mais surtout location, redoublez de vigilance. Vous êtes en vacances et détendus, mais ce n'est pas pour autant que tout le monde est en mode Bisounours. Fermer la maison et les fenêtres quand vous partez à la plage, ne laisser pas trainer d'objets de valeur sur les terrasses ou prêt de la piscine. Et soyez aussi en mode "on" quand vous êtes occupés à l'avant de la maison. Beaucoup de gens se font cambrioler alors qu'ils sont présents sur les lieux : toutes fenêtres ouvertes, les enfants dans la piscine, Monsieur au barbecue et Madame à la cuisine, et voici que des valeurs disparaissent du salon ou de la chambre ! Les voleurs sont simplement passés par le petit chemin, ou le jardin bucolique à l'arrière de la maison, à l'abri des regards, en toute impunité en pleine après-midi.
Bref, gardez à l'esprit que votre période de repos correspond à la pleine saison de travail pour les individus mal-intentionnés, donc gardez un bout d'œil ouvert… et passez de bonnes vacances !!

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Revue de presse
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Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 17:25

triomphe-une-vie-de-judo-paris-18.jpg Idée étonnante que celle de mêler Judo et théâtre pour déployer sur 2 heures de temps et sur scène une grande histoire du Judo en France, de 1905 à nos jours.
C'est de pari osé que relève Gilles Troulet, qui résumera dans sa pièce, avec 12 acteurs tous ceinture noire, l'histoire de cet art.

En marge du Tournoi de Paris, et à côté des résultats sportifs, il y aura donc moyen d'associer culture, art et sport sur la scène du théâtre du Trianon, du 23 au 27 Août 2011.

Plus d'infos ici (et un petit film avec quelques images d'époque en prime) : http://www.triomphe-lespectacle.fr/

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Culture
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Mercredi 29 juin 2011 3 29 /06 /Juin /2011 15:22

Samedi 18 Juin, le Ju Jitsu Paris 16 a organisé pour ses élèves un stage de découverte d'un style de karate peu connu en France, l'Uechi Ryu. A l'invitation de l'association, Philippe Moreau, 3ème Dan de ce style, est venu nous présenter son art. Durant 4 heures, les élèves ont donc pu découvrir une pratique fort différente, mais finalement pas si éloignée que cela de ce qu'ils connaissaient déjà.
Revue de détails :

Présentation du style Uechi Ryu

Le Karaté Do est un art martial sans arme basé sur des techniques d'attaque et de défense surtout effectuées en percussion (pied, poing, genou, coude) ; mais on y trouve aussi des techniques de projection et d’immobilisations. Il vise la formation du corps et de l’esprit.

Originaire de l'ile d'Okinawa, la karate a été ensuite implanté et développé au Japon.

Le karaté comprend plusieurs styles : chaque style présente des particularités, des techniques, des façons de s’entraîner, des aspects philosophiques, qui proviennent de son fondateur.

chotsuhoA Okinawa, l’un des styles les plus importants est l’Uechi Ryu, créé par Kanbun Uechi (1877-1948).
en 1877 à Okinawa, Kanbun Uechi partit en Chine à l’âge de 20 ans où il apprit le pagaïnoon kempo, technique de boxe chinoise, auprès de Shu Shi Wa, artiste peintre et expert en art martial.

 

kanbunA partir de cette boxe, et une fois de retour en mars 1910 à Okinawa, Kanbun Uechi créa son style de karaté, qui fut développé par son fils, Kanei Uechi (1911-1991). En hommage à son père, Kanei nomma ce style Uechi-Ryu (Uechi = nom du fondateur du style, Ryu = école).


Fait très rare, même à Okinawa, son propre fils, Kanmei (1941- ), lui a succédé et dirige désormais l’Uechi Ryu. Les 3 fils de Kanmei sont eux-mêmes experts de karaté.
Le titre de Soke (= grand maître, descendant du fondateur) de l’Uechi-ryu se transmet donc successivement du grand-père Kanbun (le fondateur du style) aux arrières petits-fils, jusqu’à la quatrième génération.
Le représentant en France du style Uechi Ryu est Yukinobu Shimabukuro.

Des branches du style Uechi Ryu se sont cependant créées, notamment la branche Kenyukaï, du nom de l’un des proches élèves de Uechi Kanbun.
Le représentant en France de cette branche est Takemi Takayasu.

Particularités du style

kanei.jpgLe style associe l'attaque et la défense dans un même mouvement, et la souplesse et la dureté dans les mêmes techniques : l’esprit, la technique et le corps doivent être en harmonie avec la dureté et la souplesse. Ces particularités s’appellent Konan-jizaï en japonais.
Ceci confère à ce style des spécificités que l'on retrouve peu ou pas dans d'autres écoles de karate : l'attaque et la défense simultanée, l'utilisation du même membre dans une succession d'attaques, ou la défense puis l'attaque effectués du même membre, des esquives circulaires des bras, des mouvements permettant de contrer plusieurs attaques successives, etc…

Spécialisé en combat rapproché, l’Uechi Ryu pratique des exercices d’endurcissement musculaire, notamment par le kata respiratoire Sanchin. Ceci permet d’apprendre à quel moment utiliser la souplesse et à quel moment utiliser la dureté pour se défendre.
L'école considère en effet important de savoir encaisser des coups puissants. Au-delà de la pratique respiratoire, des exercices d'endurcissement progressifs se pratiquent à 2 durant les cours. Ils sont complétés par de la musculation à l'aide d'instruments traditionnels d'Okinawa (bâton avec un poids à un bout, dit Chishi et jarre, dite Nigiri Game par exemple)
nigirigame.jpg

L’Uechi Ryu utilise beaucoup les techniques avec la main ouverte (et non le poing fermé) et les attaques aux points vitaux. Les blocages s’effectuent souvent en mouvements circulaires avec la main ouverte utilisant la force centrifuge.

Points communs et passerelles avec la pratique de notre association

Malgré un ancrage historique certain, et une transmission sur plus de 100 ans, l'origine mixte de l'Uechi Ryu en fait une approche intéressante dans le cadre d'une pratique moderne de la Self Défense telle qu'envisagée au Ju Jitsu Paris 16.
La posture de base, mains ouvertes, est par exemple assez proche de la "garde passive" utilisée lors de la phase d'interview/ de désescalade verbale. L'aptitude au combat rapproché, les frappes mains ouvertes de toutes sortes, les esquives circulaires, l'enracinement au sol, la possibilité de saisir et de projeter, … sont autant d'éléments utiles que nous retrouvons plus ou moins de la même manière dans notre pratique de la self défense.
En tout état de cause, au-delà des différences techniques, les principes sont quasi identiques : attaque des points vitaux, action jusqu'à la cessation de la menace, prise en compte de l'environnement pour pouvoir gérer plusieurs adversaires (importance du regard), etc… Et c'est finalement cela qui constitue le berceau commun d'entente qui permet au pratiquant de bien percevoir les passerelles entre nos 2 pratiques, et non de s'arc-bouter sur les différences.

Bref, un stage plus qu'enrichissant qui a rencontré un grand succès, en espérant peut-être une suite lors de la prochaine saison.

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Vie de l'association
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Il présente notre approche d'une self protection globale, qui commence en amont par un ensemble de conseils de prudence et de bon sens. Ce n'est donc pas un recueil de techniques.
Le livre est disponible chez les libraires réels et virtuels au prix de 19€50.

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