Samedi 8 mai 2010 6 08 /05 /Mai /2010 16:26

Nous avons récemment publié un article sur l'origine de la violence, qui serait finalement ancrée en nous, et que seule l'éducation parviendrait à juguler (voir ici pour lire ce post).

Un de nos lecteurs nous a dirigé vers un article sur les snipers américains, publié par Vanity Fair ("The Distant Executioner", lisible ici en anglais), dont une partie revient justement sur notre propension, ou non, à savoir/pouvoir faire du mal à notre prochain. Que faut-il en retenir ?

En 1947, le général américain S. L. A. Marshall publie en effet une étude qui démontre que durant les débarquements en Afrique du nord et en Europe, puis pendant la guerre du Pacifique, jusqu'à 85% des soldats américains au front n'avaient pas tirés avec leur arme, même lors d'attaque directe avec le risque d'être débordés. Il attribua ce taux de tirs très faible à l'aversion instinctive qu'ont les hommes de tuer à courte distance, lorsque la victime potentielle est clairement identifiée comme un être humain. A ce moment crucial, le soldat devient, selon Marshall, un objecteur de conscience.

En conséquence, l'armée américaine transforma l'entrainement des soldats, notamment en passant de cibles circulaires à des cibles humanoïdes.

A la mort de Marshall, en 1977, il fut critiqué parce que ses données d'études étaient parcellaires, mais d'autres études sur les soldats japonais et allemands, et les soldats de la Première Guerre Mondiale, montrèrent le même taux très bas de tirs, accréditant finalement la thèse de Marshall.
La nouvelle doctrine d'entraînement de l'armée sembla en tout cas porter ses fruits : lors de la guerre de Corée, dans les années 50, les études montrèrent que plus de 50% des soldats avaient utilisés leurs armes à la vue de l'ennemi. Lors de la guerre du Viet-Nam, cette statistique atteignit 90%, malgré l'impopularité de cette guerre.

Mais tirer sur quelqu'un ne veut pas dire avoir envie de le toucher. Le statistique de 90% fut largement « dégonflée » par un très grand nombre de ratés intentionnels et une doctrine de l'armée US qui préconisait des tirs massifs en rafale plutôt que le fait de viser soigneusement.
Résultat de cette tactique, il fallait au Viet-Nam dépenser 50 000 balles pour chaque mort adverse.
Lors du même conflit, les snipers en utilisaient 1,39 pour le même résultat (!).

On voit donc au travers de cet exemple chiffré que lorsque l'éducation a porté ses fruits, il est très difficile de passer outre et de (re)devenir violent. C'est un des paradoxe de la self-défense, et une vérité souvent méconnue : même avec de l'entrainement, il n'est pas évident de se défendre efficacement. « Mimer » des techniques avec un partenaire dans un cadre de détente sportive n'est pas du tout la même chose que placer cette même technique avec toute l'explosivité et la détermination nécessaire lors d'une situation réelle, dans le but clair et avouer de faire mal à son prochain, bipède comme nous.
Car les années d'éducation et de polissage nécessaire à la vie en société nous empêchent en quelque sorte de passer totalement à l'acte. Il convient donc de chercher lors de l'entrainement à se confronter à ces barrières mentales afin de devenir capable de les abaisser au moment voulu : passer du mode « off » au monde « on » sur commande.


Il convient cependant de ne pas aller trop loin : d'une part, lors d'une situation réelle, il faut être capable d'arrêter son action dès que la cessation de la menace (cf loi sur la légitime défense), d'autre part, le but de l'entrainement n'est pas de nous rendre violent tout le temps.

 

Entre bien-être et efficacité réelle, il y a donc un équilibre à trouver. Bonne recherche !!

 

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Concepts
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Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /Avr /2010 16:17

Pour cette fois nous allons céder la plume à un membre de notre association de Ju Jitsu, qui a bien voulu nous faire part d'une expérience personnelle qui lui est arrivée dernièrement. Parce que la théorie, c'est bien, mais des vraies histoires vécues, c'est enrichissant aussi !!

 

"Je vais commencer par un minimum de background me concernant : je ne me suis jamais retrouvé dans une situation où j’ai dû utiliser la force physique pour répondre à une attaque. Jamais.
Peut-être est-ce parce que j’ai une taille et un poids légèrement au dessus de la moyenne, ou alors peut-être est-ce à cause de mon air avenant et souriant (ceci est une blague), toujours est-il que je n’en ai pas eut besoin. C’est la raison pour laquelle quand je pars en balade dans Paris, c’est avec l’esprit relativement léger. Léger certes, mais après quelques années de jujitsu et self défense je suis plus attentif ("aware" diraient certains) aux attitudes agressives, aux comportements bizarres et aux situations à risque.

 

Me voilà donc parti en balade avec 2 amis un soir en train de faire la tournée des expositions d’art contemporain dans les bars de Paris ; traduction : tournée des Grands Ducs entre potes avec une fin franchement éthylique en vue.
Nous passons par un pub assez sympathique, pas mal famé pour 2 sous, et un peu bondé. Un groupe s’installe à côté de nous, prend de la place, rien de bien méchant, et un de mes amis, alors qu’absolument rien ne laissait le présager (si ce n’est le nombre de rhums bus précédemment) commence à s’embrouiller avec un local. C’était absolument imprévisible et j’ai été très surpris de le voir réagir ainsi.
Cette scène m’a d’ailleurs inspiré l’équation suivante : Ego x alcool = emmerdes².
Bref, j’en reviens à l’embrouille qui, en 5 à 10 minutes de temps, monte franchement d’un ton, mon pote lève la main sur le local comme si il allait lui en mettre une, ils se séparent, puis commence un petit jeu de regards et d’insultes à distance, et pour finir le local s’énerve franchement, insulte tout aussi franchement en se rapprochant. Nous étions alors 2 à calmer la situation (et c’est beaucoup mieux que la version de l'histoire où le 3ième larron excite tout le monde) et je me retrouve sur le chemin menant du mec énervé vers mon pote. Shit happens.

Et là, j’ai été très très agréablement surpris de voir que l’entraînement, ça fonctionne. J’ai eut pas mal des réflexes dont on a parlé depuis longtemps en cours : 
• Garde passive : Check
• Vision périphérique pour surveiller l’arrivée de ses potes : Check
• Désescalade verbale : Check
• Me placer pour mettre un tabouret entre lui et moi : Check
• Vérifier les objets à portée de main pour lui mettre dans la face si ça devient dangereux : Check

Cool ! Ca fonctionne ! J’ai été vraiment content de voir que ces choses là, difficiles à travailler sous pression, sont suffisamment bien entrées dans mon cerveau pour pouvoir ressortir alors que je suis fatigué et alcoolisé.
Et vous savez quoi ? On aurait dit un scénario. Pour la désescalade, j’ai souri au bonhomme, je lui ai dit que mon pote faisait nimp' (ce qui était le cas) et que ça n’avait pas d’importance, qu’il avait mieux à faire à finir la soirée avec sa copine. Le type n’était pas agressif vis-à-vis de moi, d’ailleurs quand j’ai levé les mains en apaisement il m’a d’ailleurs fait une espèce de non de la tête, un peu comme si il comprenait que j’étais sur la défensive et que son agressivité ne m’étais pas destinée.


Au final, j'ai eu la sensation d'avoir  déjà vu cette scène, sauf que c’était des potes d'entraînement qui me traitaient de tous les noms.  Alors voilà, tout c’est bien terminé, il n’y a finalement pas eut de fight (impossible de tester le ippon soe nage en plein milieu d’un pub), ce qui est pour le mieux, je n’ai pas envie de tester TOUTES mes compétences martiales en situation. La très grosse surprise pour moi est venue de mon pote : comment est-ce qu’il a pu avoir cette réaction là ? Il n’avait aucune des raisons habituelles pour lancer un fight, pas d’histoire de femme, pas de problème d’argent, une position sociale plus qu’établie, pas dans la tranche d’âge 17-25 ans, bref rien. Pour information, sur le chemin du retour mon pote s’est excusé de son attitude, je n’ai pas trop insisté, je crois qu’il a été assez embêté comme ça.

 

Si je vous bassine depuis quelques longues minutes maintenant pour vous parler de cette micro expérience socio-martiale, c’est pour partager avec vous mes conclusions sur ce non évènement :
1. L’inattendu peut tout à fait se produire au beau milieu d’une soirée parfaitement normale. En l’occurrence je n’aurais parié un cent que ce pote là aurait eut ce genre de comportement là,
2. L’adrénaline était  déjà présente, et pourtant la situation aurait pu être bien pire : j’étais moyennement alcoolisé et la population du rad était très clean,
3. Vu le manque de discernement de mon pote, j’étais dans une situation psychologique où je devais gérer pour lui, donc je crois bien que j’aurais été plus loin si il l’avait fallu,
4. L’entraînement fonctionne. Et ça en soit, c’est déjà une vraie bonne nouvelle,

La conclusion de la conclusion ? J’espère qu’il n’y aura pas d’autre test, et s’il y en a un,  j’espère qu’il se terminera de la même manière."

 

Voilà pour ce récit vécu. Si vous même vous avez des expériences à partager, n'hésitez-pas à rédiger quelques mots et à nous les faire parvenir, nous serons ravis de vous publier.

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Concepts
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Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 20:00

Et si vous préférez l'original, c'est ici :

 

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Culture
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Jeudi 22 avril 2010 4 22 /04 /Avr /2010 19:39

Grosse, grosse, grosse, très grosse madeleine (de Proust ou pas) avec l'annonce de la sortie prochaine d'une version 2010 de Karate Kid.

 

Et sur cette version, c'est Jackie Chan lui-même qui s'y colle et que l'on retrouvera avec plaisir dans le rôle tenu hier par le défun Noriyuki "Pat" Morita.

Le jeune karateka (qui soit dit en passant pratique plutôt le Kung Fu) sera quant à lui joué par Jaden Smith, rien de moins que le fils de Will Smith.

 

A cet instant les plus dégourdis comprendront aisément qu'avec un acteur afro-américain dans le rôle du petit garçon, il va falloir d'une manière ou d'une autre s'affranchir de l'histoire d'origine.
Et c'est chose faite puisque l'action se déroule à Pékin, où la famille du jeune homme se retrouve suite à la mutation professionnelle du papa. Mal à l'aise face à ses petits camarades, maltraité et brutalisé, le jeune Jaden ne devra son salut qu'à ses poings et à l'entrainement prodigué par Mr. Han (Jackie Chan donc).

 

On reste donc dans le classique, et la trame originelle sera sans doute reconnaissable au travers de cette nouvelle version. Reste à savoir si les scènes cultes seront retranscrites telles qu'elles sont gravées dans nos mémoires (peinture de palissade, polissage de voiture et attrapage de mouches aux baguettes).

 

Site officiel du film : www.karatekid-themovie.com
et sortie française courant de l'été 2010.

 

En attendant, voici déjà la bande annonce :

 

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Culture
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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 19:33

(La traduction de cet article est un résumé de l'article original en anglais, "Are we all capable of violence, de Diene Petterle, BBC NEWS - article original ici)

 

Est-ce que "toutes les personnes sont potentiellement violentes" ?

Nous sommes fascinés par la violence, qui est partout, dans nos rues, dans le terrorisme, dans les films, etc.. Mais où prend-elle source ? Est-ce quelque chose que nous apprenons, ou est ce quelque chose d'instinctif ?
La plupart d'entre nous aimons à nous penser calme et en paix. Nous sommes amené à penser que nous devons essayer de résoudre les conflits de manière pacifique, et nous croyons que la violence, c'est "chez les autres".

 

Mais est-ce réellement le cas ? Est-ce que vous, votre mère, votre sœur, votre enfant, pourrait être amené à commettre un crime ? Avons-nous un tel degré de violence en nous même ? La réponse est oui.

 

Contrairement à ce que les gens pensent, nous naissons violents. Avant l'âge de 3 ans, nos instincts nous poussent au combat. Il n'y a rien pour stopper cette urgence, qui vient du centre émotionnel de notre cerveau. Quand nous grandissons, nous développons la partie de notre cerveau qui contrôle notre agressivité – le cortex pré-frontal. Le degré de succès de la mise en place de ce mécanisme de contrôle dépend crucialement de nos expériences.
Quand les parents nous apprennent à partager, à attendre notre tour plutôt que de résoudre les conflits dans la violence, cela change en réalité les structure physiques de notre cerveau, et nous devenons moins agressif.

 

Mais essayer de résoudre les conflits de manière pacifique n'est pas une norme culturelle. Ainsi, dans les Andes Boliviennes, une tribu entretien les conflits jusqu'à ce qu'ils explosent, chaque année, lors d'un grand rassemblement de violence appelé Tinku. La tradition guerrière de ce peuple veut que hommes, femmes et enfants doivent se battre, et il n'est pas rare qu'il y ait des morts lors de ce rassemblement.

La neuroscientifique Maria Couppis pense que le cerveau de ce peuple est différent de la moyenne des cerveaux "normaux", parce que cette tribu s'est socialisé d'une manière violente pour résoudre ses conflits. Ceci suggère que bien que nous naissions tous avec le même potentiel violent, notre éducation et notre environnement jouent un rôle clé dans le contrôle de la violence par notre cerveau.

 

Et non seulement nous naissons violent, mais en plus nous sommes chimiquement préparé à aimer ça ! Dans le cerveau, un ingrédient chimique induisant un plaisir intense est libéré quand nous nous battons : la dopamine. La dopamine informe le cerveau que nous avons du bon temps. Mais le problème ne s'arrête pas là : le rush de dopamine que nous recevons nous rend physiquement accro à la violence. Plus nous avons de dopamine, plus nous ressentons de bien-être, plus nous en voulons.
L'article cite ici le cas d'un hooligan qui malgré de nombreuses condamnations n'a jamais pu cesser d'être violent, allant jusqu'à poignarder un supporter adverse, et qui déclare : "je n'ai jamais été intéressé par l'alcool ou la drogue. Se battre était mon héroïne".

La question que se pose est donc de savoir s'il est facile pour un individu lambda de perdre le contrôle ? Il y a des crimes passionnels tous les jours, et bien souvent les meurtriers ne se souviennent plus de ce qui les a poussé.
Le neuro psychologue Charles Golden pense que nous pouvons tous perdre le contrôle de nous même assez facilement et commettre des actes très violents. Tout ce que cela nécessite, c'est une rupture dans le cortex pré-frontal. Celle-ci peut être soit physique (séquelles d'un accident ou de chocs répétés à la tête –boxeur, rugbymen-) soit psychique (dépression, alcoolisme, usage de drogue, manque de sommeil ou même le vieillissement naturel du cerveau).
Le professeur Golden cite alors le cas d'un patient tout à fait normal, qui a été renvoyé chez lui après un check-up complet suite à un accident de voiture. Tout était normal. Pendant un mois, rien d'exceptionnel ne s'est passé et le patient ne s'est plaint de rien. Cependant, une prise de bec avec sa femme a dégénéré en dispute, à tel point que l'homme, qui avait perdu le contrôle de lui-même, à failli tuer sa femme.
Dans la vie de tous les jours, on ne remarque donc rien d'anormal, il faut qu'un événement "allume" les instincts violents pour que vous réa lisiez que vous perdez le contrôle. Mais il est alors probablement trop tard.

 

Il est difficile d'admettre que nous sommes nés violents, que nous aimons ça, et que nos mécanismes de contrôles peuvent être facilement brisés, mais c'est la vérité.

 

Notre avis :
- Article intéressant qui montre d'une part l'importance de l'éducation des enfants, et la nécessité de les canaliser, même dans leurs activités les plus violentes, notamment sportive
- La nécessité pour les pratiquants lambda que nous sommes de nous désinhiber d'un certain vernis social, qui pourrait nous empêcher de nous défendre efficacement le jour moment. C'est ce qui explique aussi pourquoi les mythes de "vaincre sans faire mal", "d'utiliser la force de l'adversaire", etc… sont si ancrés en nous. Nous voulons croire que les situations violentes peuvent se résoudre sans violence de notre part, car c'est en ce sens que nous avons été éduqué.

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Concepts
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Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 18:23
Dans des articles précédents, nous vous avions fait part de notre approche de la garde : il s'agit selon nous d'adopter une posture, que nous appelons par commodité plate-forme de combat, qui permette tout à la fois l'attaque te la défense, et permette donc d'être à la fois prêt à l'attaque sans pour autant être agressif.
Vous trouverez plus d'infos ici.

Sur ce même sujet, voici ci-dessous l'usage que fait Lee Morrison de cette attitude : tout en parlant, en désescaladant la situation, il lui est possible à tout moment de frapper efficacement son opposant.
A noter :
- le coup n'est pas armé, afin de ne pas "télégraphier" le mouvement". Il part de l'endroit où se trouve la main au moment où est prise la décision d'attaquer.
- malgré la courte distance, lee parvient à mettre beaucoup de vitesse et d'impact dans ses coups via la rotations de ses hanches, de son tronc et des épaules.
- bien que cela ne soit pas visible sur la vidéo, un travail important à aussi lieu au niveau des pieds, avec un léger mouvement et un transfert de poids vers l'avant, qui démarre le mouvement en libérant la hanche.
En clair, ce n'est pas la main qui commence le mouvement, c'est le pied, et il s'en suit une réaction en chaine qui finit dans la main qui frappe, comme pour un fouet par exemple.
- à noter aussi que Lee ne fait pas de grimace, ne sert pas les dents, ne déforme pas son visage quand il lâche ses coups, encore une fois pour éviter de télégraphier ses intentions.

Place aux images :


Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Entraînement et techniques
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Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /Mars /2010 18:12

L'article 122.5 du Code Pénal prévoit les conditions de la légitime défense, mais il appartient aux juges de statuer sur chaque affaire. C'est pourquoi il est toujours intéressant de se pencher sur des cas réels, que résume le Lieutenant Alexis Sobol, Avocat à la cour, dans le journal Le Progrès de la Gendarmerie et de la Garde Républicaine, et que nous vous résumons ici.
(NB : si vous n'êtes pas familier de la loi, reportez-vous à nos précédents articles ici et ici)

1ère affaire, Mai 2009

Circonstances : une rixe a opposé deux résidents d'un même immeuble, Mr A et Mr B, au seuil et dans l'appartement de ce dernier.
Dommages corporels :
Mr B : ITT < 8 jours (frappé dans le dos, à la tête, sur le thorax, à l'épaule)
Mr A : ITT > 8 jours (coup de couteau reçu à l'épaule)
Légitime défense : non
Motif : il y a disproportion de la défense (avec arme blanche) par rapport à l'attaque, le défenseur n'ayant de plus pas établi que l'attaquant était lui même armé, et ce même pour la défense du domicile, de nuit.
Peines :
Mr B : 6 mois avec sursis pour violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'une incapacité supérieure à 8 jours
Mr A : 750€ d'amende pour violence avec ITT < 8 jours.

2ème affaire, Avril 2009

Circonstances : après une altercation en boite de nuit au sujet d'une fille, Mr T et Mr L se retrouvent pris à partie, une fois à l'extérieur, par une dizaines d'individus armés de batte de base-ball, d'un couteau et de tessons de bouteille. Mr T parvient a appeler au téléphone 2 amis, Mr O en Mr B, qui les rejoignent, armés pour leur part d'un pistolet d'alarme et d'une matraque (Mr O) et d'une machette (Mr B).
3 des agresseurs du groupe sont blessés dans la rixe qui s'en suit, et les autres s'éparpillent.
Dommages corporels :
2 personnes avec une ITT > 8 jours parmi les blessés du groupe armé.
Légitime défense : oui
Motif : il convient d'apprécier la gravité du danger pour déterminer la légitime défense invoquée par les prévenus. D'un côté, un groupe d'au moins 10 individus, armé d'un couteau, d'une bouteille et de battes de base-ball, qui détenait en otages 2 amis. Mr O et Mr T ont d'abord pourparlé, avant de sortir leurs armes, après que les autres, bien supérieurs en nombre, aient manifesté physiquement leur hostilité et s'apprêtaient à les lyncher. Dès lors, les coups de machette portés par Mr B doivent s'analyser en des actes de défense proportionnés à la gravité du danger. Il y a bien proportionnalité de la défense par rapport à l'attaque.
Peine : relaxe

3ème affaire, Avril 2009

Circonstances : une femme agresse verbalement et physiquement un homme, le giflant et lui lancant un couteau, qui le touche au thorax sans le blesser. Lorsqu'elle s'en prend une seconde fois physiquement à lui, il lui donne un coup de tête.
Dommages corporels :
ITT < 8 jours pour la femme.
Légitime défense : non
Motif : l'acte de riposte n'est pas commandé par la nécessité de défense au moment ou il a lieu (le gros de l'attaque de la femme est passé, il est donc un peu trop tard). Le coup de tête, coup violent et dangereux, n'est de plus pas proportionné à l'attaque au moment où il est porté. Enfin, il est porté sur une femme, de stature et de force inférieure à l'homme dans ce cas là : l'homme aurait donc pu choisir une autre riposte.
Peine : 100€ d'amende avec sursis.

4ème affaire, Février 2009

Circonstances : vers minuit, Mr G. entend frapper à sa porte, et l'entre-ouvre. Il est repoussé dans son appartement par un voisin, Mr K, qui est déjà venu le voir au sujet d'un pétard jeté par une fenêtre. Mr K, une fois entré, s'assoit sur le canapé et saisit par le goulot une bouteille avec laquelle il menace Mr G. Mr K se lève et commence à tout casser dans l'appartement, avant de s'en prendre physiquement à Mr G. Celui-ci tombe à terre et Mr K a le dessus. Mr G parvient à se saisir d'un couteau, et porte 6 coups. Il est apparu par la suite que Mr K a 2,73g d'alcool dans le sang.
Dommages corporels :
Mr K : ITT de 100 jours.
Légitime défense : oui
Motif : C'est face à une atteinte physique injustifiée que Mr G a accompli dans le même temps un acte proportionné à la gravité de cette atteinte. Mr G a agit pour protéger sa vie de manière immédiate en utilisant la violence nécessaire pour faire cesser le danger.
Peine : relaxe.

5ème affaire, Janvier 2009

Circonstances : Mr M se rend sur RDV à l'école de son fils, pour un entretien au sujet du maintien de l'enfant en classe de CE1. Reçu par l'institutrice, Mme D, Mr M s'énerve rapidement, attrape la femme par les cheveux et la jette par terre en la couvrant de coups de pieds et de poings. Puis il profère des menaces de mort à son encontre et celle de ses enfants, tout en la menaçant d'un stylo. Alertés par le bruit et les cris, des membres du personnel de l'établissement entrent dans le bureau et découvre la scène, Mr M debout proférant des menaces et Mme D par terre qui se tient la tête. Mr M se saisit de ciseaux situés sur le bureau en invoquant la légitime défense du fait que Mme D l'aurait, selon lui, agressé avec, et qu'elle se serait jeté sur lui avec afin de le blesser.
Dommages corporels :
Mme D : ITT de 15 jours.
Légitime défense : non
Motif : Mr M n'a pu a aucun moment prouver sa version des faits, selon lesquels Mme D l'aurait attaqué en premier armée des ciseaux. Quand bien même cette version aurait été véridique :
- rien ne permet de prouver que la défense ait été directement consécutive à la menace
- le fait que les ciseaux soit sur le bureau et Mme D par terre suggère que la menace représentée par les ciseaux avait cessé. Dès lors, pourquoi continuer à frapper Mme D au sol ?
Dans ces circonstances, le motif de légitime défense ne peut être retenu. 
Peine : 6 mois avec sursis.

 

 

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Législation
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Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /Mars /2010 20:08

Lu dans Direct Matin du mercredi 10 février 2010

 

49 affrontements entre bandes rivales se sont produits à Paris en 2009 selon la police, ce qui a amené la préfecture de police à diligenter une étude sur les bandes parisiennes.

 

Dans l'étude rendue publique début février, on apprend ainsi que les bandes sont issues de la banlieue tout autant que des quartiers sensibles de Paris. Elles utilisent, pour leurs différents, d'armes en tout genre (battes de base-ball, armes blanches et parfois armes à feu).

29 bandes ont été répertorié, qui compte de 15 à 300 membres, essentiellement des mineurs et des jeunes adultes en situation de rupture familiale ou d'échec scolaire. Parmi les 29, 6 bandes de filles ont été identifiée.

Les lieux d'affrontement les plus courants sont le Forum des Halles (1er), la Garde du Nord (10ème), la place Pigalle (9ème) ou encore les Champs Elysées (8ème).

En 2009, 2700 personnes auraient été liées à des infractions commises par des bandes à Paris, dont 405 mises en garde à vue.

 

Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Revue de presse
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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 18:06
Un gars veut entrer dans un club, mais le videur ne veut pas. Le ton monte, mais ce que le jeune homme ne sait pas, c'est que le videur est Michael Kuhr, 5 x champion du monde de kick boxing !

Et ce qui doit arriver arrive : le videur menace le jeune homme... de téléphoner à son frère pour lui expliquer le mauvais comportement de son cadet, et lui laisser le soin à lui de régler ça en famille.
Et soudainement, le jeune énervé se fait beaucoup plus docile ...

Comme quoi, un bon videur est surtout un videur vivant, c'est-à-dire apte à gérer le maximum de situations sans violence, en utilisant la parole et le bon sens pour dévier l'agressivité d'autrui.

Enjoy !


Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Concepts
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 11:55
Faite chauffer les disques durs ou les magnétoscopes, Arte consacre une partie de sa programmation du mois de Mars aux Samouraïs !

On pourra se régaler avec :

- Les 11 épisodes de la série "Shogun", tous les soirs de la semaine à 19h50 (une bonne occasion de lâcher le Grand Journal, il n'y a pas que Canal+ dans la vie !). Du 8 au 12 Mars et du 15 au 20 Mars (5+6 épisodes)
- Les 7 Samouraïs le lundi 8 Mars à 20h35
- Le Samouraï japonais le mercredi 10 Mars à 22h20
- Le Samouraï du crépuscule le mercredi 17 Mars à 23h05
- Tabou le jeudi 18 Mars à 20h35
- Ichi, la femme Samouraï le mercredi 24 Mars à 22h15

et d'autres programmes qui passent au coeur de la nuit (pour les insomniaques).

Bon film !

http://www.arte.tv
Par Ju Jitsu Paris 16 - Publié dans : Culture
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Bienvenu sur notre blog. Si vous venez d'arriver, nous vous recommandons la lecture de notre premier article qui vous expliquera mieux notre démarche. Vous pouvez le lire en cliquant ici.

Protection Rapprochée

Le livre de Philippe Gouedard , intitulé "Protection Rapprochée Personnelle : légitime défense & actions préventives" est paru.
Il présente notre approche d'une self protection globale, qui commence en amont par un ensemble de conseils de prudence et de bon sens. Ce n'est donc pas un recueil de techniques.
Le livre est disponible chez les libraires réels et virtuels au prix de 19€50.

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