Blog développant des sujets ayant trait à la self preservation au sens large, à la self-defense en particulier et au ju jitsu.
Dans quelques articles précédents, nous avons fait l'apologie de la simplicité des techniques de self-défense. Et notamment dans le cadre d'une altercation réelle, dans laquelle le stress va diminuer les capacités du corps à exécuter des taches complexes.
Dès lors, pourquoi étudier les clés articulaires, qui semblent justement compliquées ?
Les clés ont ceci d'intéressant qu'elles sont versatiles et que les possibilités qu'elles offrent sont extrêmement nombreuses :
- destruction limitée et proportionnée de parties du corps dans le but d'amoindrir les possibilités d'utilisation de celles-ci lors d'hypothétiques nouveaux assauts,
- destruction rapide d'une partie du corps de l'adversaire pour s'occuper plus facilement par après de faire face à ses comparses,
- destruction de l'adversaire avec extrême préjudice (il est bon de rappeler que certaines clés peuvent entraîner des paralysies, voire la mort),
- immobilisation et contrôle de l'individu (si celui-ci est isolé - dans un contexte et un environnement sous contrôle),
- amorce et lancement d'un processus de projection violente de l'adversaire contre le sol ou des surfaces potentiellement infirmantes (murs, poteaux, barrières, voitures, …)
- immobilisation très momentanée d'une partie du corps pour placer des contres ou même opérer un désarmement,
- amoindrir psychologiquement un groupe cohérent et uni qui agresse en détruisant rapidement et brutalement un membre (bruits de fractures, hurlements) d'un des attaquants
Dans un cadre de self défense, il nous paraît bon de rappeler, après lecture de ces possibilités :
- Que les clés doivent correspondrent à une opportunité. On ne se défend pas face à une attaque A avec la clé n°1, face à l'attaque B avec la clé n°2, etc… On se défend avant tout, et si à un moment survient l'opportunité de placer une clé, on saisie cette chance.
- De manière globale et comme rappelé plus haut, les clés en self défense servent soit à incapaciter de manière plus ou moins définitive, soit à projeter (sur des obstacles ou le sol).
- Une clé peut rater, car se sont des techniques qui demandent de la précision, tant de le placement des mains que dans le respect des directions de torsions, de poussée ou de tiré. De plus, même si tous les êtres humains sont bâtis de la même façon, nous ne sommes pas tous égaux en ce qui concerne la souplesse, la tolérance à la douleur (que certaines substances peuvent d'ailleurs rendre élevé), etc…
- Mais généralement, même si elle "rate", une clé provoque une réaction de l'adversaire : c'est ce mouvement qu'il faut exploiter. Ainsi, il est possible de démarrer une clé uniquement dans l'optique de faire réagir l'agresseur pour placer une autre technique plus appropriée (frappe, projection, autre clé...)
- S'il est possible de maintenir et de contrôler un adversaire avec une clé articulaire, nous ne recommandons pas cette pratique aux simples citoyens. Car si l'adversaire veut échapper à la clé, il s'en sortira, quitte à y laisser un membre. Il est plus sage de fuir que d'essayer de jouer au justicier ; les membres des forces de l'ordre eux-mêmes agissent à plusieurs lorsqu'ils veulent immobiliser une personne.
Les cibles des clés articulaires sont multiples, et dans une version sportive "libre", toutes les articulations sont susceptibles d'être placées en clé : les doigts, les poignets, les coudes, les épaules, les cervicales, les chevilles, les genoux et les hanches.
Cependant, dans une optique de self défense, on aura intérêt à se limiter aux articulations les plus faibles, sur lesquelles l'exécution des techniques :
- n'est pas trop compliquée
- pardonne un certain nombre d'erreur
- fait mal de suite, sans avoir a appliquer beaucoup de force
- ne place pas le défenseur dans une position qui le lie trop à l'agresseur (nécessité de garder la capacité à répondre à d'autres menaces)
- ne place pas le défenseur dans une position qui l'empêche de voir ce que fait l'agresseur (capacité de l'agresseur à sortir une arme)