Blog développant des sujets ayant trait à la self preservation au sens large, à la self-defense en particulier et au ju jitsu.
Voici un dernier article (pour le moment), concernant l'usage des clés en self-défense.
Nous avons en effet cité dans notre article précédent la zone du cou comme une zone d'application possible d'une technique de clé, ce qui est parfaitement logique compte-tenu du fait que le cou est une articulation, au même titre que le coude ou le genou.
En effectuant une technique qui amène le cou à subir une torsion plus forte que la normale, on crée une douleur chez celui qui la subit. Soit qu'il s'agisse d'une hyperextesion du cou dans l'axe (élongation cervicale), soit qu'il s'agisse d'une torsion puis d'une élongation (technique très dangereuse), soit qu'il s'agisse d'une compression de la trachée (nous sommes alors plus dans le cas d'un étrangement "en guillotine")
Soit.
Mais c'est là qu'en quelque sorte commence le mythe, et il commence dès le dojo. En effet, les techniques de clés de cervicales sont (très) dangereuses : elles peuvent provoquer la paralysie voire la mort.
Dans le cadre du dojo, on pratique donc ces techniques doucement et la plupart du temps on n'esquisse qu'à peine le mouvement.
Se faisant, on suppose une efficacité que l'on ne teste jamais (avec raison, on ne le répétera jamais assez).
Se faisant, on ne s'interroge malheureusement jamais sur l'implication d'un tel comportement en situation réelle :
1. N'ayant jamais réellement porté la technique, il est possible qu'on la rate le moment venu. (Mais c'est le cas de toute technique de défense…)
2. La clé de cervicales ne laisse pas d'alternative. Soit on l'exécute "à fond", et les conséquences peuvent être terribles tant pour l'agresseur (paralysie ou mort) que pour le défenseur, qui sort clairement du cadre de la légitime défense, tant son action n'est pas proportionnelle. Soit on l'exécute de manière plus douce, en tentant de raisonner l'adversaire, de lui faire comprendre qu'on pourrait aller plus loin si il ne se calme pas.
3. Cette option "soft" est selon nous la plus dangereuse et c'est malheureusement celle que le principe de prudence au dojo fait enseigner.
Car
a) l'absence de réelle douleur peut amener l'adversaire à vouloir sortir de la clé ou a tenter une action pour nous faire tomber. On se retrouve alors dans le cas précédent : serrer plus fortement, c'est risquer l'accident fatal. Il faut alors soit décider "d'y aller" à fond, où alors changer de technique en abandonnant la clé (et dans ce cas, était-il si judicieux de la faire en premier lieu ?)
Ou b) l'absence de réelle douleur peut permettre à l'adversaire de sortir une arme, mouvement qui sera masqué par la position que la clé nous fait prendre !
4. Enfin, bien qu'il soit possible de se déplacer, de bouger, de tourner, en appliquant une "guillotine", c'est une technique qui mobilise les deux mains de manière assez conséquente, rendant difficile la gestion de plusieurs adversaires le cas échéant.
En résumé, nous ne préconisons pas l'usage des clés cervicales en self défense, et pour cette raison nous n'enseignons que très peu cette technique et à titre indicatif seulement.
L'utiliser, c'est prendre le risque d'aller trop loin et de devoir répondre juridiquement de nos actes. L'utiliser, c'est risquer la mauvaise surprise de voir une arme utilisée contre nous.
L'utiliser tout en essayant de raisonner l'adversaire, c'est prendre le risque de se focaliser sur une personne et de se faire attaquer par d'autres.
PS : ceci concerne bien la clé de cou, non la seule manipulation de la tête dans un but de déséquilibre ou de projection, qui est une autre technique.
AVERTISSEMENT : cet article n'est édité que dans un but de rappel pour les élèves du club, où comme source de découverte et d'information pour des lecteurs non pratiquants. L'association décline toutes responsabilités pour les incidents ou accidents pouvant survenir suite à l'exécution de la technique décrite ci-dessus, en dehors d'un espace d'entraînement prévu à cet effet et sous la supervision d'un professeur diplômé d'Etat.