Blog développant des sujets ayant trait à la self preservation au sens large, à la self-defense en particulier et au ju jitsu.
Lu dans Le Figaro du Jeudi 16 Octobre 2008, 20 Minutes du Mardi 21 Octobre 2008, DirectMatin du Mercredi 22 Octobre 2008
La presse s'est largement fait écho du nouveau projet de caméras de surveillance qui sera installé à Paris et qui a été présenté le 20 Octobre par le Préfet de Police Michel Gaudin. Baptisé "Plan 1000 caméras pour Paris", ce projet va quasi quadrupler, d'ici à fin 2009 (ou fin 2010 selon les sources), le nombre de caméras sur la voie publique (de 330 à plus de 1200), avec un budget conséquent d'au moins 44 millions d'Euros.
Alors qu'étaient privilégiés jusqu'à présent le centre ville, les bâtiments administratifs et les lieux de rassemblement (Champs-Elysées, place de la République, …), le nouveau plan prévoit détendre la captation d'images au niveau des rues de chaque arrondissement. Le but n'est pas d'équiper toutes les rues, mais de passer d'une logique de "protection des institutions à une logique de sécurité pour tous". Le bon sens doit donc présider à la mise en place des caméras : les besoins de gestion de l'ordre public ici, ailleurs la logique judiciaire, ici encore les problèmes de circulation.
On est donc sensé être loin du modèle britannique, les experts estimant qu'à Londres un citoyen lambda peut se faire filmer jusqu'à 300 fois par jour.
L'innovation la plus marquante, au delà de la qualité des caméras qui permettra une netteté que les équipements en place actuellement n'atteignent pas, c'est le fait que les images seront demain enregistrées, et conservées 30 jours (elles ne sont aujourd'hui que diffusées en direct dans une salle de contrôle). Les caméras elles-mêmes seront installées sur des poteaux à une dizaine de mètres de hauteur, à l'abri d'une bulle de plastique pour éviter le vandalisme. Elles ne pourront visualiser les intérieurs d'appartements riverains.
Les buts avoués de cette mise en œuvre de moyens vidéos est de pouvoir mieux suivre la fuite d'éventuels délinquants, ainsi que de prévenir les rassemblements suspects de gangs. Les forces de Police en espère surtout une meilleure orientation terrain des effectifs des forces de l'ordre, sur le terrain, en temps réel, ainsi que des éléments d'enquête plus fiables que des témoignages recueillis sous le coup de l'émotion.

Si Paris se dote ainsi qu'un nouveau réseau de caméras, les grandes villes de banlieue et de France ne sont pas en reste. Levallois Perret s'est équipé dès 1993, Lyon depuis l'an 2000. Clichy, Avignon, Cannes, Orange, Carpentras, Orléans, Strasbourg sont également équipées
Mais que sait-on réellement de l'efficacité de ces dispositifs ? En France pas grand chose, car aucune étude significative de la vidéosurveillance des espaces publics n'a été menée jusqu'à présent. Si l'on se tourne vers le modèle anglo-saxons, il semble que les résultats soient probants, pour peu que les caméras soient accompagnés des dispositifs adéquats : amélioration de l'éclairage public, médiateurs sociaux dans la rue, patrouilles de police, etc.
Reste à savoir dès lors si se sont les caméras elles-mêmes ou les efforts joints qui diminuent les actes violents ? La présence de caméras impacte peu sur le sentiment d'insécurité de la population, en tout cas.
Les experts s'accordent donc pour dire qu'il faut avant tout éviter d'espérer trop des caméras, et éviter de croire qu'elles peuvent tout faire et tout résoudre. 2 orientations semblent à privilégier : la prévention, avec le repérage en amont de problèmes, permettant l'envoi d'une solution adéquat et la résolution des délits, via des indices de bonne qualité. C'est d'ailleurs sans aucun doute la plus grande facilité à résoudre les cas, donc le fait que la "punition" du délit est plus certaine, qui décourage les criminels.
Reste à espérer que la délinquance ne va pas se déplacer vers les zones non couverte par les caméras, Paris devenant encore un peu plus calme, et certaines banlieues encore un peu plus démunie face à la violence.
Enfin, point important : l'augmentation de la probabilité d'être filmé exige une attention soutenu à la loi sur la légitime défense. Plus que jamais, en cas de défense, il faut que la proportionnalité de la riposte soit adaptée à la force de l'attaque. Si jusqu'à présent les témoignages des protagonistes et des témoins devaient permettre de démêler les nœuds de l'affaire, demain il se pourrait bien que la vidéo mette tout le monde d'accord, sans possibilité d'arranger la vérité.
Sachez donc ce que vous faites, afin de ne pas devenir 2 fois victimes : une fois d'un agresseur, l'autre fois de la justice.
C'est le sens de notre pratique au dojo. Bon entraînement.