Blog développant des sujets ayant trait à la self preservation au sens large, à la self-defense en particulier et au ju jitsu.
Nous sommes plus qu'heureux d'accueillir dans notre club un certain nombre de femmes (entre 15 et 20% de l'effectif selon les années), et nous pensons, comme beaucoup heureusement, qu'une femme est tout aussi apte qu'un homme à se défendre.
Nous sommes cependant plus circonspects sur les disciplines qui proposent des "cours spéciaux pour femmes", voire des "méthodes" ou des "techniques spéciales femmes". Et ce pour plusieurs raisons.
Premièrement, les femmes, même si elles n'ont pas les mêmes qualités athlétiques que les hommes, n'en demeurent pas moins des êtres humains normalement constitués, avec une tête, 2 bras et 2 jambes. Sur quelles différences se base-t-on alors pour proposer des "techniques spéciales", des "cours spéciaux" ? En quoi ces techniques sont elles "spécialement adaptées", étant entendu qu'hommes et femmes se ressemblent ?
On nous rétorquera que justement, les différences de taille et de force physique entre homme et femmes demandent une adaptation des techniques.
La lecture à l'envers de cet argument nous fait toujours froid dans le dos ! En gros, parce qu'elles sont "faibles", les femmes ont droit aux techniques qui fonctionnent de manière sûre, avec peu de force, et parce qu'ils sont "forts", les hommes ont droit aux techniques compliquées, pas sûres et qui demandent beaucoup de force ?
Il y aurait donc 2 poids, 2 mesures, et les hommes risquent donc de se retrouver fort surpris en situation réelle de ne pas réussir à se défendre, leurs techniques étant finalement inadaptées à la réalité de l'agression ?
De plus, même entre hommes, il peut y avoir des disparités physiques importantes. Sans oublier les situations de multiples assaillants ou d'agression avec arme…
Notre point de vu est donc clair : les mêmes techniques pour tout le monde, avec une efficacité maximale quelque soit le gabarit, étant entendu que si ça marche pour les personnes de frêle constitution, cela marchera d'autant mieux pour les costauds.
Deuxièmement, la probabilité pour une femme de se faire attaquer par un homme (ou plusieurs) nous semble plus importante que la probabilité de se faire agresser par une femme. C'est pourquoi il nous semble important que les femmes s'entraînent avec des hommes comme partenaires. Et plus la pratiquante sera à l'aise, plus son partenaire pourra mimer une agression réaliste, brutale, violente, comme elle surviendrait dans la réalité.
Ceux et celles qui pourraient être gênés par la promiscuité hommes / femmes à l'entraînement ont tendance à oublier 2 choses :
- si la promiscuité vous gêne à l'entraînement, elle vous gênera aussi dans la réalité, et elle vous bloquera dans vos défenses. Il faut donc outre-passer ce point pour progresser (ou simplement démarrer) et ne pas croire que ça "se débloquera" comme par magie sous stress
- un partenaire d'entraînement qui attaque une femme pour la faire progresser a autre chose à faire que d'avoir des pensées malsaines, généralement parce que juste après avoir esquissé un geste, il se prend une bonne rafale de techniques diverses, qui lui évite de penser à quoi que se soit d'un peu scabreux (voire penser tout court !). Et même lors de phase au sol, l'attention sera portée sur le combat, tant il est vrai que la moindre faille sera exploitée au détriment de l'attaquant.
Les pervers ont d'autres endroits beaucoup plus propices pour se rincer l'œil qu'un tatami !!
Bref, mesdames, n'ayez crainte, vos partenaires d'entraînement vous attaquent pour votre bien ! (ô joie des paradoxes)
Un seul cas nous semble justifier d'une approche particulière dans l'enseignement des techniques (et non dans les principes ou dans les techniques elles mêmes) : le cas des femmes traumatisées, ayant eu à subir des violences auparavant. De telles personnes (battues, violées, violentées, ayant subit une agression, un vol, etc…) demandent en effet une approche différente, et peut-être des partenaires exclusivement féminins dans un premier temps.
Il y a donc là un abus de langage, puisqu'au lieu de dire "cours spécial femmes", on devrait dire "cours spécial pour personne ayant déjà subit un traumatisme ou des violences". Et si les femmes sont majoritaires dans ce cas, il y a également des hommes dans cette situation, qui eux aussi mériteraient un enseignement adapté.
Pour tous les autres cas, les cours "spéciale femmes" nous semble plus relever de l'approche marketing pour attirer une clientèle souvent difficile à convaincre, que de la bonne idée.
Car le risque réel est de se "sous-entraîner" dans un environnement confortable, d'avoir une fausse confidence en ses capacités et de déchanter le moment venu.
Certes, se faire bousculer par un partenaire d'entraînement (généralement bien suant après une heure de cours) n'a rien de glamour, mais au final, le réalisme l'emportera en vous préparant mieux.
Pensez-y avant de choisir votre discipline et votre club. Et faites des cours d'essai !