Blog développant des sujets ayant trait à la self preservation au sens large, à la self-defense en particulier et au ju jitsu.
Si vous êtes familier d'une posture de garde de self défense telle que nous l'avons définie dans notre article précédent (ici), l'étape suivante sera pour vous de travailler la phase de dialogue en amont de l'altercation physique.
Lors de cette phase d'altercation, l'agresseur tente de vous impressionner et cherche à prendre l'ascendant, tant physique (sa masse, mais aussi ses gestes et son placement par rapport à vous) que psychologique (annihilation de votre volonté de défense par le sens, le débit et le volume de parole).
Une des raisons de l'attaque, c'est que cet ascendant est pris et que les chances de succès sont jugées suffisantes pour passer à l'attaque.
Une autre des raisons de l'attaque peut-être que votre attitude fasse "péter les plombs" de l'agresseur, qui n'a d'autre porte de sortie nerveuse que de passer à l'attaque, même s'il n'est pas sûr de gagner. Ce n'est bien sûr pas votre intérêt d'en arriver là.
Prendre une garde mains ouvertes levées est déjà une bonne habitude, pour les raisons expliquées dans notre article précédent : gestion de la distance, posture non agressive, posture qui n'a pas l'air d'une garde, ni pour l'agresseur ni pour les témoins éventuels.
Tout le talent va maintenant être de faire évoluer cette position, afin de ne pas apparaître figé (et donc paraître pour le moins bizarre, sinon suspect).
2 voies pour se faire :
1. Faire évoluer la garde des mains : c'est le fameux "parlé italien" évoqué dans l'article précédent. Vos mains illustrent vos paroles, et reflètent vos mots. Elles passent de la perplexité à la surprise, à l'ennui, à l'interrogation, etc. En enchaînant ces poses on évite de rester figé, tout en restant en garde et couvert, près à réagir : l'aspect caricatural n'est pas un problème, tant que les gestes sont placés sur les bonnes phrases, de manière illustrative
2. Faire évoluer votre positionnement dans l'espace : plutôt que de rester statique sur place, n'hésitez pas à bouger. Pour se faire, chercher à tourner vers la droite ou la gauche de l'agresseur, pour vous placer de trois quart par rapport à lui. Non seulement cela l'empêche de vous avoir cadré devant lui (ce qui facilite son attaque), mais cela ouvre également votre angle de vue sur un de vos côtés, voir sur l'arrière si vous ajoutez un petit coup d'œil. Un excellent moyen de voir si votre agresseur n'a pas un ou des complices prêt à vous attaquer de derrière.
Au dojo, le travail des partenaires va donc consister à vous interviewer, avec ou sans intentions d'attaque. A vous de vous placer convenablement, et de gérer à la fois la parole, les gestes et le placement dans l'espace, comme vous seriez obligé de le faire dehors.
Points clé à vérifier, lors du débrief avec votre partenaire :
- Etiez vous toujours en garde d'une manière ou d'une autre ? Si votre partenaire a lancé une attaque, est-ce parce qu'il a senti un "trou" et qu'il en a profité ?
- Sembliez-vous naturel, ou vos gestes étaient-ils trop téléphonés ? trop visibles ? Qu'en ont pensé les éventuels témoins (vos autres camarades de cours) ?
- Avez-vous su répondre, parler avec l'agresseur et désescalader la situation ? Vos gestes ont-ils bien accompagner vos mots, sans contre-temps ?
- Avez-vous su bouger, ou étiez-vous figé ?
- Avez-vous su rester à la bonne distance, ou dialogue aidant, votre partenaire a-t-il réussi à venir au corps-à-corps ?
- Enfin, avez-vous su contrer, bloquer, esquiver l'attaque à partir de votre plate-forme de combat ?
Ces bases avancées acquises, vous pourrez passer aux agresseurs multiples, aux agresseurs armés, etc…
La seule limite est votre imagination.
Bon entraînement.