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Lu dans Libération du Vendredi 17 Juillet 2009
Le quotidien national point du doigt une certaine désinformation autour des caméras de vidéos surveillance. En effet, pour contre balancer l'annonce de chiffres de la délinquance à nouveau en hausse, le nouveau ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux a expliquer dans différents média que "en France, au sein des collectivités qui utilisent la vidéoprotection, la délinquance diminuait 2 fois plus vite que dans les collectivités qui n'en bénéficiaient pas". Le Ministre appuie par ailleurs sa déclaration sur l'exemple Anglais, ou la vidéoprotection prouve selon lui son efficacité.
Cet exemple Anglais est sujet à controverse : en effet, dès 1995, une étude du Ministère de l'Intérieur Britannique pointait l'inefficacité de la vidéosurveilllance. Et en Mai 2008, un responsable de Scoltand Yard déclarait publiquement que la vidéosurveillance était un "véritable fiasco". Selon l'étude de son service, 80% des images sont inutilisables et 3% seulement des vols auraient été résolus grâce aux caméras à Londres (ou pourtant on compte une caméra pour 14 habitants !).
Alors, d'où vient l'assurance du Ministre Français ? Difficile à dire, quand on sait qu'aucune étude sérieuse n'a encore été mené sur le sujet dans l'hexagone, notamment devant la difficulté d'isoler le facteur vidéo comme étant la clé de réussite n°1 dans la résolution d'une affaire. Cependant, un rapport du ministère, jamais publié mais cité par le Figaro en mars 2009, établissait que "sur 5 ans, dans une tendance générale à la baisse des faits, le volume de la délinquance a diminué presque 2 fois plus rapidement dans les espaces vidéoprotégés".
C'est sans doute cette citation qui inspire Brice Hortefeux, bien que rien ne laisse supposer que la vidéo soit la seule cause de ce résultat. L'article pointe en effet que ce recul de la délinquance est d'autant plus visible quand la vidéosurveillance est combinée avec des actions traditionnelles de police.
En bref, un amalgame un peu rapide entre baisse de la délinquance et caméra pour un ministre sans doute soucieux de faire oublier des chiffres de la délinquance à nouveau en hausse, et d'aller dans le sens de l'opinion des Français : 71% d'entre eux se déclarent en effet favorables à la vidéo surveillance.