Blog développant des sujets ayant trait à la self preservation au sens large, à la self-defense en particulier et au ju jitsu.
Dans les petits désagréments de l'été, les pickpockets font partis des risques du touriste en voyage. Toujours embêtant quand ça arrive, surtout que cela nous confronte à nos propres manquements (vigilance, voire comportements un peu à risque, …) et que la "punition" est plus que rude : des heures à refaire ses papiers, sa carte de crédit, etc…
Si certains sont de simples opportunistes, d'autres sont des individus ou des bandes spécialisées et organisées. Opérant en solo ou à plusieurs, on les rencontre finalement peu durant l'année, car en tant qu'habitant d'une ville occupé par le quotidien (transport, travail, courses, …) on est peu présent dans des lieux touristiques ou à forts risques.
Mais dès que l'on quitte ses repères, que l'on se retrouve dans des lieux très fréquentés (sites touristiques, restaurants, bars) et que l'on affiche plus ouvertement sa condition d'étranger, les risques augmentent.
Il est difficile de trouver de la documentation sur ce monde un peu secret, même si la télévision passe parfois des reportages sur les pickpockets et leur méthode. Pour rester sur une note sympathique, nous passerons pour la leçon du jour par le biais des "stages pickpockets", ou "pickpocket de scène". Plus courant dans les pays anglo-saxons qu'en France, il s'agit d'artistes qui ont choisis d'amuser le public en réalisant sur scène des vols sur spectateur. Tels des magiciens, ils volent cravates, portefeuilles, stylos, etc…au nez et à la barbe de leur cobaye.
Vous trouverez ci-dessous 2 vidéos d'un de ces artistes, Bob Arno. Vous en trouverez facilement d'autres en tapant "stage pickpocket" sur You Tube.
Que pouvons-nous en déduire ?
Au-delà d'un doigté et d'une finesse qui composent toute la technique des pickpockets et qui distinguent "l'artiste voleur" de l'opportuniste, le pickpocketing repose finalement majoritairement sur un principe de détournement d'attention. Ce détournement s'intéresse à 2 cibles : le cerveau et le corps et repose sur au moins 3 fondamentaux.
Détourner l'attention : engagement du cerveau sur une discussion ou une tâche demandant de la réflexion, et sans rapport avec l'objet du vol. Comme dans les tentatives d'embrouille qui démarrent par un interview, le pickpocket engage la conversation ou créer une situation qui lui permet d'avoir un prétexte pour s'approcher et nous occuper l'esprit. Demander son chemin, demander à ce qu'on prenne une photo, faire semblant d'avoir trouver quelque chose qui nous appartient, renverser quelque chose, … les excuses de prise de contact sont nombreuses.
Occuper le corps : sur-informer notre corps pour masquer la sensation accompagnant le vol de l'objet. On le voit très bien dans les vidéos : Bob Arno passe son temps à toucher les gens, à les bouger, etc… Il bouge lui-même beaucoup, change d'angle, revient en arrière, tourbillonne, …Une fois qu'ils comprennent que chaque touche peut amener à un vol et qu'ils sont méfiants, on voit le pickpocket passer à un 2ème stade : il oriente le cerveau et le corps sur un objet "êtes-vous sûr que vous avez toujours votre portefeuille ?" et en profite pour voler un autre objet !
Masquer le vol : les mains sont souvent masquées. Veste sur le bras, pull, carte ou papier à la main, … sont autant de manière de cacher l'objet volé.
En mixant ces 3 fondamentaux, le pickpocket multiplie ses chances de réussite. A contrario, le pickpocket opportuniste qui essaye juste de voler un objet dépassant d'un sac sera souvent démasqué.
C'est cette difficulté de l'art qui explique que certains travaillent à plusieurs et/ou en force (vol à l'arraché, vol avec violence). Car quand on n'a pas la rigueur de suivre une voie exigeante (si l'on considère le vrai pickpocket comme une sorte d'artiste), il est plus simple d'en venir à la violence.
Gardez donc l'œil ouvert et vos affaires rangés aux bons endroits et méfiez-vous sur vos lieux de vacances !