Lu dans Libération du Mardi 8 Juillet 2008 :
Les autorités chinoises tentent de faire le forcing pour imposer le Kung Fu aux Jeux Olympiques.
Le Wushu (son vrai nom), c'est 80 millions de pratiquants en Chine et 200 millions dans le monde, mais c'est surtout une vitrine de l'art et de la puissance chinoise, travaillée dès 1958, quand le régime de Mao posa un premier cadre en créant l'Association Chinoise de Wushu. Celle-ci est chargée de superviser, au sein des écoles sportives d'Etat, un enseignement jadis jalousement transmis de maître à disciple.
Cette supervision a déjà abouti à une fusion des différents styles, donc à une simplification et une standardisation des mouvements de plusieurs centaines d'écoles, pour finalement déboucher sur 2 types d'épreuves sportives "arbitrable" : le taolu (la réalisation d'enchaînements chorégraphiés, l'équivalent des kata japonais) et le sanshou (combats).
Le C.I.O. se fait pour le moment toujours tirer les oreilles, et ne veut pas du Wushu aux Jeux, même en démonstration (on se souviendra que le Taekwondo coréen avait été sport de démonstration en 1988, avant de devenir finalement devenir sport olympique aux J.O. de 2000). Seul lot de consolation, l'organisation d'un tournoi de Wushu en marge des Jeux : du 21 au 24 Août, plus de 200 athlètes venus de 40 pays s'affronteront pour la suprémacie internationale.
Quand on voit ce qu'a pu faire la "sportivisation" à outrance de certains arts martiaux (Judo, Karate ou Taekwondo pour ne citer qu'eux), qui ont perdus en richesse et en essence martiale ce qu'ils ont gagné en visibilité médiatique, on ne peut que se féliciter des difficultés actuelles des Chinois pour faire reconnaître leur art au niveau du C.I.O.
Pour vivre heureux, vivons (parfois) caché...