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Blog développant des sujets ayant trait à la self preservation au sens large, à la self-defense en particulier et au ju jitsu.

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SP : l'avis de Kelly McCann (2/2)

Voici la suite de notre traduction de l'interview de Kelly McCann parue dans Black Belt.

""Vous devez détester les films d’arts martiaux dans lesquels le héros armé jette son arme pour faire face au méchant désarmé, afin que cela soit équitable ?
Tout à fait. Je déteste aussi quand un gars se prend un gros coup de coude et continue de se battre normalement ! Il y a beaucoup de mythes et les films montrent beaucoup de choses tout à fait fausse sur le combat et cela affecte la perception qu’on les gens de la réalité du combat de rue.

Ce type de mode de pensée a pu amener certains pratiquants à se dire « je vais combattre de manière fair play aussi longtemps que mon adversaire fait de même. C’est seulement s’il se met à combattre salement que je vais essayer de frapper les yeux ou les parties »

Mon père me disait souvent « le seul combat sale est celui qu’on perd ». Combattre salement, cela n’existe pas. Il y a le combat, point final. Vous combattez pour gagner. Et la seule manière de pouvoir dire cela ; c’est d’avoir un fort sens moral, c’est d’être éthique, c’est d’éviter les ennuis.

Y a-t-il des connexions entre les mixed-martial arts (combat libre) et la self défense que vous enseignez ?

Techniquement et fonctionnellement, ces mecs là sont des athlètes de niveau mondial, et il faut les regarder et apprendre d’eux. Mais vous devez analyser ce que vous voyez : est-ce que cette technique va me sauver les fesses au fin fond de l’Irak ?
Peut-être pas, car les conditions seront différentes. Vous pouvez être un très grand grappler (combattant au sol), jusqu’à ce qu’on vous mette un gilet pare-balle, votre charge de combat de 180 munitions pour fusil, votre sac-à-dos, votre kit médical, votre holster de cuisse, etc… Est-ce que vous allez réellement rouler partout sur le sol avec tout ça sur le dos ?
Notre état d’esprit est très différent de celui des civils.

Du coup, est ce que cela à un sens pour un civil de chercher l’enseignement d’un militaire ou ex militaire ?

Premièrement, et malgré les publicités disant le contraire, il n’y a pas de techniques militaires « secrètes » : tout à déjà été fait. Il y a différentes manière d’assembler ces techniques – le curriculum – et différentes méthodes d’entraînement. Ce qui peut être secret, c’est ce que certaines unités ont comme capacités ou comme équipements.

Est ce que l’aspect mental en self-défense est aussi important que l’aspect physique ?
Combattre est à 90% mental et à 10% technique. Il s’agit d’avoir une mentalité de combattant total. C’est là où il peut y avoir une différence entre la self défense et les arts martiaux. Certains arts martiaux enseignent d’aimer son ennemi, moi, je le hais. Lorsqu’il m’attaque, je cherche à l’annihiler, tant physiquement, spirituellement que mentalement.

Est-ce qu’on peut penser que si on distillait un art martial pour n’en concentrer que les techniques les plus simples et les plus efficaces, les 10% techniques, alors l’élève n’aurait plus qu’à travailler sur l’aspect mental ?

C’est une sur-simplification, mais en un sens, oui. La question est : qui va concentrer les techniques et les distiller ? Tous les instructeurs croient à ce qu’ils font, mais cela ne fait pas de leurs techniques des techniques applicables dans la rue pour autant.
En ce qui nous concerne, entre les techniques à mains nues, le bâton, le couteau et le spray OC, nous avons 130 tâches individuelles, pas des techniques. Tout cela peut être enseigné en 5 jours. Après ça, aller vous entraîner, et faite ce qu’il faut pour devenir incroyablement bon. Vous pouvez revenir faire des sessions avec nous, mais il n’y a pas de cours « avancé » ou de chose comme ça.
A contrario, dans les arts martiaux, on essaye souvent d’ajouter de plus en plus de techniques, pour des questions de business. Mais cela est tout à fait contraire à ma philosophie de « less is more » (« moins c’est plus »)

Y a-t-il des situations de self-défense sans espoir dans lesquelles aucune technique ne pourra vous sauver ?

Absolument. Il y a plein de situations dans lesquelles vous n’avez aucune chance et cela ne dépend pas du style que vous pratiquez ou de votre niveau. Cela a à voir avec votre attention à l’environnement. Si vous ne parvenez pas à reconnaître les éléments révélateurs de pré-conflit et les dynamiques d’une situation, vous aurez des problèmes.
Quand on a donné l’avantage, il est quasiment impossible de le reprendre. Pensez aux boxeurs ou aux free-fighters professionnels : combien, s’ils prennent un coup dur sur le ring, parviennent à reprendre le dessus ? Se sont pourtant des combattants aguerris et en pleine forme.
Et dans la rue, si vous ajoutez une arme, ou des assaillants multiples, c’est encore pire.

Etes vous d’accord pour dire que les frappes préventives sont importantes face à un adversaire à mains nues ou armé ?

Les techniques préventives sont importantes dès que quelqu’un peut vous frapper par surprise, à froid. C’est donc très important dès qu’on vous menace. La meilleure chose pour la self défense réaliste de rue, c’est de toujours rester vigilant pour ne jamais « se réveiller » et se rendre compte qu’on a marché droit dans une embuscade. C’est changer de trottoir si on voit quelque chose de louche devant soi, c’est repartir de sa place de parking si on n’aime pas les individus qui sont à proximité. C’est être malin.

Pour les civils, quelle importance a la désescalade verbale ?

C’est super pour certains types de combats. La solution la plus simple pour faire face à une menace, c’est de s’en aller.
Sinon, on peut dans certains cas désescalader la situation, mais il faut rester prêt. Mentalement, pendant que vous négociez, vous devriez déjà avoir « frappé » l’autre personne. Vous devez passer la ligne avant lui. Il ne vous a pas frappé parce qu’il est en train de parler. Il est toujours en train d’essayer de se rendre au point mental où il sera prêt à vous frapper. A l’extérieur, vous êtes en train de désescalader, lui donnant ce qu’il veut, lui donnant un sentiment de contrôle. Mais vous êtes prêt. La défense, de part sa nature même, c’est perdre. Vous ne pouvez pas gagner en défendant. Attaquez, attaquez, attaquez !""

Première partie de l'interview ici

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A
Quel article ! Un concentré de savoir. Toujours le même problème se pose : comment pouvoir "savoir" si le mental est présent ? Comment savoir si l'on réagira... Jusqu'ou peut aller l'entrainement...
Répondre
J
<br /> Oui, c'est en grande partie l'un des problèmes, au delà (voire même avant) le problème technique.<br /> Ca permet aussi de se dire que finallement, avec un entraînement classique, on reste des Bisounours avec des grandes dents, mais des Bisounours quand même. Après, "guerrier de la mort qui tue",<br /> c'est un autre niveau.<br /> Mais ceci dit, tout est relatif : en étant un Bisounours à grandes dents, on est déjà plus fort que 99% de la population, donc déjà aptes à se sortir de pas mal de problèmes.<br /> <br /> <br />
C
intéressante l'interview, on retrouve d'ailleurs des conseils du même genre que dans le livre de Philippe..thx Jérôme
Répondre
J
<br /> Yep, exactement.<br /> <br /> C'est bien pour cela que Philippe a écrit le livre, afin de donner un peu de matière à reflexion, au delà des heures d'action que nous passons sur les tapis. Le but est bien de rejoindre les 2,<br /> pour s'entraîner mieux, et réflechir plus en dehors du tatami, car finalement, les problèmes, s'ils surviennent, le feront dans le monde réel.<br /> <br /> <br />