Blog développant des sujets ayant trait à la self preservation au sens large, à la self-defense en particulier et au ju jitsu.
Petite compilation d'articles glanés ici ou là, évocatrice de la situation de la société d'aujourd'hui.
1. Le sentiment d'insécurité va grandissant au sein de la population française, avec 1 personne sur 5 qui se sent en situation d'insécurité dans son quartier (20,5%), tandis ce qu'une sur le 10 le serait "souvent ou de temps en temps". Elles n'étaient que 18,1% en 2008.(1).
2. Ce sentiment d'insécurité proviendrait d'une part de la crise. Se sentant fragilisés économiquement et plus vulnérables, les gens auraient tendance à se sentir plus apeurés, plus frileux. Ceci pourrait expliquer en partie le fort sentiment d'insécurité des femmes, souvent plus touchées par la crise que les hommes.
3. Mais ce n'est pas le seul facteur explicatif. Selon l'Observatoire National de la Délinquance, 1,2 millions de Français disent avoir été victimes de violences physiques ou sexuelles en 2009, soit 5 fois plus que les statistiques officielles. Cette montée de la violence physique, véritable tendance de fond, marque fortement les esprits, ce qui explique l'insécurité ressentie.
4. Autre facteur explicatif d'une certaine psychose, la médiatisation des faits de violence, qui forme un miroir grossissant. Il n'en reste pas moins que certains événements de 2010, braquage ou crime, ont réellement eu lieu, au-delà du potentiel sensationnalisme dans leur traitement par les médias.
5. Cette médiatisation s'est surtout focalisée sur 2 grands thèmes : les armes et les bandes de jeunes.
Sur le chapitre des armes, si l'on ne trouve pas encore de petites annonces annonçant "vends Kalachnikov, peu servie, 500€" dans les journaux, il semble qu'il y ait effectivement une recrudescence du trafic d'armes en France. Cela est du d'une part à des filières de mieux en mieux organisées en provenance des pays de l'Est, et d'autre part à une double montée du grand banditisme. D'un côté, des bandes organisées ayant pour cibles des commerces ou des activités de mieux en mieux défendues (banques, bijouteries, casino, …), de l'autre, l'organisation du trafic de drogue dans les cités. En se structurant, celui-ci voit l'installation de bandes historiques de moins en moins débutantes et brassant de plus en plus d'argent. La défense du territoire et du trafic devenant cruciale, il semble qu'il y ait des passerelles entre grand banditisme et caïds des cités autour de la question épineuse de la fourniture d'armes de guerre.
6. En ce qui concerne les bandes et la violence, autre sujet très médiatique, ce qui frappe surtout, au-delà du recensement effectué (220 bandes), c'est la présence forte de mineurs, et la féminisation du phénomène.
Les agressions sont de plus en plus souvent perpétrées par des personnes jeunes voire très jeunes. En ce qui concerne par exemple les atteintes aux biens, 33% des personnes interpellées étaient des mineurs en 2009. On constate par ailleurs une augmentation de 50% en 5 ans de l'implication de mineurs dans les affaires de violences physiques, entre 2004 à 2009.
Qu'il s'agissent de défis plus ou moins idiots, de délinquance assumée ou de caïdat précoce, il n'en demeure pas moins que l'équation se complique pour le citoyen lambda, qui doit redoubler de vigilance et adapter, le cas échéant, la proportionnalité de sa riposte à la menace.
7. En parallèle, les violences ou menaces perpétrées par des filles augmentent deux fois plus vite que celles des garçons. Il semble qu'il y ait un phénomène de rattrapage des filles, qui s'attribuent en les imitant les codes masculins. Ainsi, 15,5% des mineurs mis en cause pour des faits de délinquance en 2009 étaient des filles, soit 50% de plus qu'en 1996. Si la majorité des atteintes restent les vols sans violence, certaines filles sont prêtes à en venir aux mains. Là encore, une information à prendre en compte dans sa vigilance quotidienne.
8. Enfin, info intéressante lu dans le Monde : des policiers vont s'associer à des architectes pour repenser les cités. Constatant que l'urbanisme des années 60-70 rendait difficile l'intervention des forces de l'ordre, le contrôle par le police des banlieues et territoire, mais aussi les échanges amicaux entre voisins et la vie de quartier, certaines initiatives essaient d'intégrer le plus en amont possible une réflexion sur la prévention situationnelle. Ainsi, on trouve parmi les recommandations l'idée de ne pas construire des toit plats (pour éviter que des émeutiers y stockent des projectiles à jeter en bas), l'amélioration de l'éclairage public, la protection des commerce par des blocs en béton (pour éviter les voitures bélier), de ne plus construire d'auvents (qui encouragent les rassemblements devant les immeubles) ou l'interdiction des coursives (qui compliquent la surveillance). En parallèle, réflexion est aussi menée sur la politique des transports, pour désenclaver les cités, l'introduction de commerces de proximité, etc… C'est l'idée qu'il vaut mieux prévenir que guérir, et éviter de refaire les erreurs du passé en matière d'architecture.
Bref, le monde n'est pas tout rose ces temps ci, mais on le savait déjà !
(1) Enquête de l'Insee réalisée sur un panel représentatif de la population française de 16500 personnes
(2) Sources : "Quand la police s'implique dans l'urbanisme des cités" Le Monde/ Direct Matin 3/11/2010. "La délinquance au féminin" Direct Matin 6/10/2010. "Les mineurs, acteurs majeurs de la violence quotidienne" 20 minutes 23/11/2010. "Vends Kalachnikov, peu servi, pour 500€" 20 minutes 25/11/2010. "La peur gagne du terrain" Direct Matin 24/11/2010.