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Blog développant des sujets ayant trait à la self preservation au sens large, à la self-defense en particulier et au ju jitsu.

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Mythes et légendes de la législation sur les armes blanches

Nous l’avons déjà dit, le couteau n’est pas un objet comme les autres : de simple outil, il peut également devenir une arme mortelle.

C’est pour cela que l’acquisition, le port, le transport et l’usage est encadré par la loi française, pour les adultes comme pour les mineurs, comme nous l’avons déjà expliqué dans cet autre article.
Cependant, les habitudes, les idées fausses et les mythes ont la vie durs, c’est pourquoi nous revenons dans cet article sur quelques idées répandues pour les analyser.

1. Les couteaux sont des outils et pas des armes. VRAI  et FAUX
La loi française distingue les armes par nature et les armes par destination.
Une arme par nature est « tout objet conçu pour tuer ou blesser ». A partir du moment où un couteau répondra à une telle définition, il sera qualifié d’arme : par exemple, une dague de combat.
A contrario, un couteau conçu comme outil, par exemple un couteau de cuisine, de boucher ou d’électricien, n’est pas considéré comme une arme.
 
2. Si on utilise un couteau « outil » au lieu d’un couteau « arme » pour se défendre, on risque moins légalement : FAUX
Est considéré comme arme par destination « tout autre objet susceptible de présenter un danger pour les personnes est assimilé à une arme dès lors qu’il est utilisé pour tuer, blesser ou menacer ou qu’il est destiné, par celui qui en est porteur, à tuer, blesser ou menacer ».
Dès lors , un couteau conçu comme outil sera qualifié d’arme en cas d’usage malhonnête par son possesseur.

3. En France, il est possible de porter un couteau sur soi à n’importe quel moment. Le plus souvent FAUX, parfois VRAI
Pour savoir si un couteau est de port libre il faut se reporter à la réglementation relatives aux armes, la fameuse « sixième catégorie » relative aux armes blanches.
Comme nous l’avons déjà expliqué, l’achat et la possession d’armes blanches est possible en France, le transport également sous certaines conditions de sécurité, par contre le port pose problème et est fortement réglementé.
Par précaution et facilité, le législateur considère tous les couteaux comme des armes, et c’est à vous de prouver qu’il s’agit d’un outil en cas de contrôle : c’est le fait d’avoir un motif légitime de port qui permettra de faire basculer le couteau d’une catégorie à l’autre, et de vous laisser repartir. Or les cas de port légitime sont très rares : chasse, randonnée, pique-nique, activité professionnelle…
Dans tous les autres cas, le port d’un couteau sera considéré comme un port d’arme, surtout si le couteau est fixe ou pliant avec un système de blocage de la lame, quel qu’il soit.
Les seuls couteaux qui échappent au placement en sixième catégorie sont les couteaux pliants sans aucun système de blocage (ni mécanique (liner lock, axis, lock, virole…), ni de conception (cas des couteaux « papillon » et Piémontais). Ces couteaux qualifiés de « 2 clous » sont de port libre … jusqu’à ce que vous tombiez sur un policier zélé !
Sans motif légitime de port, et en fonction des circonstances et de l’humeur du policier, vous risquez de passer beaucoup de temps à essayer d’apprendre le droit français à quelqu’un qui est censé le connaître mieux que vous, et ça risque de ne pas le faire rire longtemps…

4. Pourtant, il parait que si la lame n’est pas plus grande que la paume de la main, le port est libre. FAUX
Cette idée parfois encore entendu ça et là est fausse. Comment peut-on imaginer qu’une mesure aussi variable d’un individu à l’autre que la taille de la paume puisse avoir une quelconque valeur légale ?
Cependant, en cas de litige, le critère de dangerosité va être pris en compte : une grande lame sera jugée plus sévèrement qu’une petite. Sans doute faut il voir là l’origine de la naissance de cette légende de la « main ».

5. Il semble pourtant qu’il y a des définitions plus précises qui classifient les couteaux armes ou outils et qui sont plus permissives. VRAI mais FAUX.
Souvent confondu avec la législation, le droit des douanes défini en effet les armes comme suit : « Sont considérées comme poignards et couteaux-poignards et classées comme telles dans la sixième catégorie, les armes répondant aux caractéristiques suivantes : lame solidaire de la poignée, à double tranchant sur toute sa longueur ou tout au moins, à la pointe, d’une longueur supérieure à 15 cm et d’une épaisseur au moins égale à 4mm, à poignée comportant une garde ».
D’une part, cette définition s’avère peu précise et est sujette à discussion (par exemple, on ne sait pas si tous les éléments cités doivent être présents pour valider la classification, ou si seulement certains suffisent, et dans ce cas combien ?). D’autre part, elle est inappropriée pour la question qui nous occupe, puisque cette définition ne sert qu’à gérer les importations, exportations et taxes douanières, et pas du tout à gérer la législation du port d'arme.


6. Mais si le couteau est un couteau de tradition française, un couteau de région, on voit bien que c’est un outil, donc on peut se promener avec. VRAI et FAUX
Les couteaux régionaux qui possèdent un système de blocage de lame par virole, permettant de les transformer en couteau fixe (Opinel, Nontron, …) n’échappent pas à la 6ème catégorie. Il en va de même pour les Piémontais : si la pédale est suffisamment longue pour permettre un blocage efficace par la main, ils seront considérés comme armes. Dès lors, tous ces couteaux ne sont pas libres de port sans motif légitime. Ils sont cependant, de manière subjective, plus facile à justifier, car leur look régional leur donne un air moins offensif.
Par contre, la jurisprudence est claire pour les couteaux Laguiole : bien que possédant un cran forcé, qui bloque partiellement la lame en position ouverte, ils ne sont pas considérés comme des armes.
Il est ainsi possible de conclure que les couteaux à cran forcé et aussi à cran plat, qui assure un moindre blocage que le cran forcé ne sont pas des armes de sixième catégorie car ce sont des couteaux pliants non munis d’un dispositif de blocage de la lame permettant de le transformer en couteau poignard, car la lame peut se replier sur les doigts. Ainsi, les pliants deux clous, à friction et à cran forcé ne sont jamais des armes de sixième catégorie à partir du moment où ils ne sont pas utilisés de manière à causer un danger pour la sécurité publique. Ces couteaux ne sont pas des armes par nature : la fabrication, le commerce, la détention, le port et le transport sont libres.
Pour autant, en cas de contrôle et de zèle, même si vous êtes dans votre droit, vous pouvez avoir des problèmes.
Et bien entendu, ce n'est pas parce qu'ils sont libre de port qu'on a le droit de se défendre avec (légitime défense) et encore moins d'attaquer !

7. Si je me fais contrôler, je peux « obliger » la police à déclarer mon couteau, et le récupérer ensuite. VRAI et FAUX
En cas de contrôle, si un couteau au port prohibé est trouvé sur vous, il doit en être fait une saisie. C'est-à-dire qu’en vertu des articles 54 et 56 alinéa 3 du Code de procédure pénale, la saisie du couteau arme de 6ème catégorie doit faire l’objet d’un procès-verbal de saisie, précisant que le couteau est placé sous scellés.
Ni la destruction sur place, ni la « confiscation » dans la poche de l’agent ne sont permises.
Cependant, si l’agent vous laisse partir sans suite en confisquant simplement votre couteau, il vaut mieux ne pas faire le malin en lui demandant de procéder à une saisie. Sauf si vraiment votre couteau est de collection et/ou très cher (sentimentalement ou en valeur monétaire), vous n’avez pas intérêt « à la ramener ».
En réalité donc, si vous n'êtes pas poursuivi, votre couteau sera sans doute "confisqué" : un non respect du droit échangé contre un non respect du droit en somme ! 

8. Au pire, même si je me fais contrôler avec un couteau, il ne va rien m’arriver tant que je n’ai rien fait de grave avec. VRAI et FAUX.
Si il y a saisie de l’arme, celle-ci aura lieu au poste de police/ de gendarmerie/ de douanes. L’officier peut vous placer en garde à vue pour une durée maximale de 24 heure renouvelable s’il l’estime nécessaire sur le fondement de l’article 63-1 du Code de procédure pénale.
Mais les conséquence de cette mesure peuvent être importantes même en l’absence de poursuites ou d’alternative au poursuites.
En effet, vous serez inscrit au STIC, le fichier de traitement des infractions constatées. Or, si elle est inscrite au STIC, la personne pourra se voir refuser l’accès à toute profession liée à la sécurité publique (armée, police) mais aussi à la sécurité privée ou à l’accès dans une zone sensible.
En lui-même ce fichage n’est pas une peine mais il possède des conséquences importantes. Etre fiché pour un couteau fait prendre le risque de perdre son emploi ou de ne pas en retrouver dans les métiers de la sécurité. Sans oublier le fait que vous aller devoir justifier à votre famille et à votre employeur une absence de 24h…

Voilà pour ces quelques points qui auront nous l’espérons éclairci une situation légale parfois confuse.

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T
1 la législation a changé<br /> 2 Le port de toute arme blanche est INTERDIT même les Opinels, laguioles et autres Piémontais.<br /> Dura lex, sed lex<br /> La confiscation ou non ou la conduite au poste sont à l'entière appréciation du policier qui est chef de patrouille.
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J
Merci , c'était très instructif =) !! (un bon coup dans le mythe ^^)
Répondre
H
Salut à toi !<br /> <br /> Enfin un article qui explique clairement les choses =) Sa fait plaisir....<br /> <br /> Perso, me suis déjà fait piqué 1 fois un Opinel par 9 policiers lors d'un contrôle de "routine"... Biensur, j'ai pas jouer les "cow Boy".... Le keuf la mis dans sa poche, a rigoler avec ses "potes" et c'est barré....<br /> <br /> Bizarre, je voulai lui mettre une claque... Mais étrange, des policiers groupés "presque" bourré je preciserai meme... L'envi a disparu.... (a prendre au second degres =)<br /> <br /> Etant à la base quelqu'un qui préfère mangé des tartes dans la gueule plutôt que cassé la nuque de quelqu'un.... Je prefere malgrès tout avoir un couteau sur moi...<br /> <br /> Pacifiste, mais pas cinglé non plus... (surtout, sa peut etre con, mais refuse d etre ficher chez la police, question de principe)<br /> <br /> Souvent dans la rue, je vais me tapé un saucisson sec dans une épicerie (et oui, un couteau aide dans ces moments la...)<br /> <br /> Enfin voila, pour espéré ne plus trop me faire racketé par la police....<br /> <br /> Pourrai tu nous montrés quelques genre de couteau sera legal au port ? (par email, si tu prefere :D)<br /> <br /> un couteau est très mauvais... car la façon d'on on le tien, dit a l autre le coup que l'on va donné...<br /> <br /> On a plus de liberté... je sais très bien manié un couteau (meme si je penserai JAMAIS a le sortir pour me défendre...) a moins de croisé quelqu'un ce faire aggresser par 7 types....<br /> <br /> Enfin voila, j'ai toujours cru que un couteau que la lame fait moins de 5 cm, et le couteau ouvert fait moins de 12 cm... (et biensur, qui soit concidéré "impossible a ouvrire d'une seule main....)<br /> <br /> Bref, j'ai plus l'impression que le poulet juge sa a la gueule que on a plutot qu'a la législation....<br /> <br /> Mais bon, c'est a ce demander quand meme si un couteau suisse est légal... (j'ai pensé peut etre men prendre un....<br /> <br /> Au respect :D<br /> <br /> HK72
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J
<br /> Merci pour ton commentaire.<br /> Et en effet, si on est pris avec une lame et que ça se passe bien, c'est rarement le moment de la ramener <br /> <br /> A plus !<br /> <br /> <br />
A
Merci beaucoup J. pour toutes ces précision qui clarifient beaucoup de choses. Même un couteau Suisse ou un Leatherman pose problème parfois (un controle qui à pris un temps fou il y a un mois). Au moins c'est beaucoup plus clair avec cet article. <br /> Une question : existe-t-il une jurisprudence dans le cas ou l'aggresseur utilise une arme "par destination" ou non (couteau) et où l'aggressé aurait bénéficié de la légitime défense en se défendant avec un couteau (en étant à la discrétion des juges)?
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J
<br /> Hello Alex.<br /> En effet, en fonction des circonstances, même des couteaux qui ont clairement une vocation d'outil (cf pinces multi-tool, Leatherman ou autres) peuvent poser problèmes. D'autant que sur certaines<br /> leatherman, il y a un système de blocage de lame, qui peut apparenter le couteau à une lame fixe.<br /> <br /> Pour ta question, n'étant pas juriste, je ne saurais malheureusement te répondre. Je sais par ouïe-dire que se défendre avec un couteau est toujours une mauvaise solution, à cause de l'image<br /> négative de l'objet.<br /> 2 cas de figures face à un agresseur armé d'une arme par destination ou d'un couteau :<br /> - tu trouves un couteau dans ton environnement immédiat (cf restaurant, terrasse de café, chantier, ...) et tu te défends avec : on pourra sans doute plaider la légitime défense, le fait que tu as<br /> empoigner le premier truc qui traînait pour te défendre avec, etc...<br /> - tu dégaines ton propre couteau que tu as sur toi et tu te défends avec : la question immédiate à mon avis va être "pourquoi portais-tu un couteau sur toi" ? Même si la défense est justifiée, même<br /> si tu te défends avec un petit couteau, je pense que tu auras des ennuis, surtout si tu blesses sérieusement l'agresseur.<br /> <br /> Du coup, 2 réponses qui n'en sont pas :<br /> 1. Il vaut mieux planter un crayon à papier au travers du bras de l'agresseur que de lui écorcher le dos de la main avec un couteau Suisse. Même si médicalement la blessure du crayon est plus<br /> importante que la petite coupure, le jugement subjectif laissé par la situation sera sans doute meilleur (le crayon est une arme improvisée, par destination, etc...) (et on parle bien du cas d'un<br /> agresseur armé, hein !)<br /> 2. Ceci dit, il vaut mieux avoir des ennuis avec la justice parce qu'on s'est défendu avec un couteau suisse ou Leatherman, que de mourrir parce qu'on n'a pas pu se défendre du tout.<br /> Tout est donc dans le choix de l'arme, mais on dépasse là le cadre de ce blog. On peut en parler par MP si tu veux.<br /> <br /> <br />